Un mariage à Hagenbach

tinoetfrançoise.jpgTino et Françoise se sont unis devant le prêtre, après 20 ans de compagnonnage mouvementé. Samedi dernier à Hagenbach. Comme tous les vieux potes de Tino, j’ai fait le voyage en Allemagne pour boire à leur bonheur. Et au moment de nous quitter, offert ces paroles d’Abbey Lincoln aux amoureux : « A circle of love, to cover your head… wherever you go, whatever you do, a circle of love will carry you through.”

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tinoetfrançoise.jpgJe suis arrivé la veille à Hagenbach, et pourtant, samedi à 13h, j’ai manqué le début de l’office religieux. La veille, parti en train de Bordeaux à 17h, je suis arrivé à Strasbourg à minuit, puis Jeanne, une amie de Françoise et Tino, est venue me chercher en voiture. De Strasbourg à Hagenbach, il faut compter 45 minutes de roulage. Nous sommes allés directement chez Tino, qui m’attendait dehors en jouant au mauvais garçon dans le lotissement. Une façon bien curieuse d’enterrer sa vie de garçon. J’ai retrouvé d’autres amis chez lui, Maurice, Fernand, Éloi, et nous avons refait le monde jusqu’à deux heures du matin. Pas étonnant donc que le réveil, le lendemain, ait été laborieux. Pas grave, au fond, puisque je suis quand même arrivé au meilleur moment de l’office religieux, juste avant l’union de mes deux amis. La voix de Françoise tremble au moment de dire « oui », quant à Tino, il laisse tomber un « Ja » ferme qui a dû lui rappeler toutes les épreuves traversées avant d’en arriver là. L’amour est un mystère. En 1995, j’étais allé rendre visite dans un village du Ghana aux amis qui tentaient d’organiser une résistance armée contre le régime dictatorial du Général Eyadema. C’est là, dans ce contexte où chacun survivait sans savoir ce que le lendemain lui réservait, que j’ai rencontré Françoise pour la première fois. Je n’imaginais pas que bien des années plus tard, elle serait toujours là, aux côtés de mon pote, car comme je le leur ai rappelé dans le livre d’or que nous avons tous signé après l’office, nous n’étions que des idéalistes à l’époque, et beaucoup des filles avec qui nous aurions pu faire nos vies nous ont largué au milieu du gué. L’amour est un mystère et le mariage une grâce, j’y pensais fortement quand j’ai posé avec Françoise, pour ma photo souvenir personnelle. Voilà surtout pourquoi le lendemain, au moment de nous quitter, j’ai offert à mes amis ces paroles d’Abbey Lincoln, extraites du titre “A circle of love” (Cf. l’album Devil’s get your tongue): « A circle of love, to cover your head… wherever you go, whatever you do, a circle of love will carry you through.” Abbey Lincoln – A Circle of Love.mp3

J’espérais communier pendant l’office, il n’en fut rien. Le prêtre avait-t-il oublié de distribuer la communion, ou bien c’est toujours ainsi quand on se marie chez les catholiques allemands ? Heureusement, je me suis rattrapé sur la musique. L’orchestre, composé de musiciens talentueux, tous amis de Tino, a failli nous tuer de bonheur. Sting, U2, Pink Floyd…, ils nous ont tout joué ou presque, nous rappelant nos propres soirées musicales à Lomé. alemetfrancoise.jpgJ’étais profondément ému au moment de quitter Hagenbach. Pour une raison simple : revoir mes amis de fac (Éloi, Gustave, Eugène, Fernand…, tous idéalistes et contestataires dans l’âme, m’a juste rappelé une évidence, le temps passe et ce n’est pas la peine d’utiliser un euphémisme, nous avons bel et bien vieilli. La preuve que nous aussi, nous serons un jour des immortels, mariés ou pas !

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