Rentrée scolaire 2009 : à quand le retour de l’aide scolaire ?

sosPour faire la politique, on n’a pas besoin de s’aimer. Néanmoins, quand on fait de la politique, on est obligé d’aimer un minimum son peuple.

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sosA la veille de la rentrée scolaire 2009, j’étais en visite dans un village de la côte, Zowla. J’ai surpris une conversation entre parents d’élèves inquiets. En gros, les plaintes disaient l’incapacité de la plupart d’entre eux à trouver de la fraîche, des sous, à un jour de la rentrée, pour payer les fournitures scolaires à leurs rejetons. Une dame, dans le groupe, mère à ce qu’elle dit de neuf enfants, dont quatre encore au collège, décrit les fuites en avant de son mari à l’approche de la rentrée. Pas d’argent pour payer livres, cahiers, stylos, compas et autres attirails du parfait collégien. D’ailleurs, aurait argumenté le mari, pourquoi diable la dame elle-même « n’avance » pas les sous, en puisant dans la tontine qu’elle gère, pour parer au plus urgent ? Il remboursera, promis, quand il aura sa solde magique de fonctionnaire, ironise la dame !
J’imagine le calvaire du père de famille assiégé par les rappels incessants de son épouse, la tristesse des enfants obligés, cette année encore, de porter le même uniforme élimé pour se rendre au bahut. Comme si la rentrée scolaire n’était pas aussi une fête où se présenter dans des vêtements neufs. En écoutant les dames deviser, je me suis souvenu qu’il y a encore de cela quelques années, l’Etat togolais « avançait » un salaire de 13e mois, remboursable sans intérêt, aux fonctionnaires. Aujourd’hui, en l’absence d’une aide scolaire appropriée aux parents d’élèves pour faire face aux dépenses de la rentrée, ne serait-il pas judicieux de revenir à une pratique qui avait du sens, c’est-à-dire le retour du 13e mois payable cette fois-ci une semaine maximum avant la rentrée ? Sans ce coup de pouce de l’Etat, les banques et autres usuriers risquent de faire des dégâts collatéraux dans les comptes déjà dégarnis des ménages togolais. Je plaide pour le retour du 13e mois, instituée en prêt scolaire sans intérêt. Je plaide ce qui n’a sauté aux yeux d’aucun parti politique, en cette période de pré-campagne.
En attendant, bonne rentrée quand même !

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