Les fantômes de la nation(2): Edem Kodjo

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Témoignage d’Edem Kodjo devant la CVJR
Permettez moi, avant de rentrer dans le vif du sujet de vous féliciter pour le
travail remarquable que vous avez déjà accompli et que vous êtes en train
d’accomplir pour ce pays. je lis la presse et je sais qu’elle n’est pas
toujours tendre avec vous, mais nous voyons aussi clairement les pas en
avant qui sont faits et qui sont décisifs et déterminants, puisque ce pays
n’a jamais voulu entrer dans la voie du grand pardon que nous lui avons
suggéré depuis 1990. Voilà que l’histoire en marche a finalement fait de ce
grands pardon, la voie de touche, l’élément incontournable du véritable
vouloir vivre ensemble des togolaises et des togolais.
Je me permets humblement non seulement de vous féliciter mais de vous
exhorter à continuer dans cette voie parce que je suis convaincu que c’est
la voie de la vérité, c’est la voie de la justice qui va nous amener à la
réconciliation tant prônée depuis des décennies et jamais réalisée. J’ai
vécu tous les événements que notre pays a connus de 1990 à 2005,
puisque votre mandat s’arrête à 2005 et je me permettrai d’intervenir sur
quelques points qui ont déjà fait l’objet ici d’audiences particulières et
d’audiences générales. ces événements, je me suis retrouvé impliqué
d’une manière ou d’autre dans leur déroulement, dans leur conclusion et
dans leur suivi.
La première chose que je dois retenir et ce par ordre chronologique, c’est
l’attaque de la primature de 1992. Cette attaque est peut-être la
conséquence d’un certain nombre de débats au haut conseil de la
République, conséquence aussi de la façon dont l’action gouvernementale
se déployait, le fait en autre qu’on n’a pas eu le courage de mettre au sein
de ce gouvernement, des ministres représentants le Rassemblement du
Peuple Togolais, tout cela a créé une situation de confusion et de difficulté
sans nom. le premier ministre, notre frère Joseph Kokou Koffigoh s’est
trouvé en difficulté avec les siens propres.
J’ai bonne souvenance qu’à la veille ou l’avant veille de cette attaque de la
primature, nous leaders des partis politique, étions passé le voir et notre
frère Ayéva Zarifou qui avait toujours les informations de premières mains
nous laissait entendre que les choses se compliquaient et qu’il n’était pas
certain que cette expérience allait durer. Nous étions aller voir Me Koffigoh
pour parler avec lui bien que déjà en notre sein il y en avait qui trouvaient
que le premier ministre était plus soucieux de son avenir que de l’Etat.
c’était une opinion qui valait ce qu’elle valait mais qui n’était peu-être pas
totalement fondée, mais toujours est-il qu’avec l’influence de
l’ambassadeur de France de l’époque, il pensait déjà, contrairement aux
dispositions de la loi fondamentale qui nous servait de constitution, se
présenter à la présidence de la République alors que la conférence
nationale l’avait interdit.
Et c’est la raison pour laquelle un certain nombre d’entre nous avaient
refusé de se présenter à la primature. J’ai bonne souvenance que dans la
salle de la conférence nationale, feu Agbobli Joachin avait présenté ma
candidature à ce poste de premier ministre, mais j’ai été obligé de la
décliner. Donc l’ambiance entre le premier et nous commençait à
s’oblitérer. Quand M. Ayéva a fait part des données qui étaient en sa
possession, nous étions tous inquiets et l’inquiétude unit toujours. Parce
que nous étions tous inquiets, nous avons reformer la solidarité du groupe
autour du premier ministre. Quarante huit heures plus tard, ce qui Ayéva
nous avait révélé sans trop de précision, était arrivé, c’est-à-dire l’attaque
de la primature.
Nous les leaders des partis politiques de l’époque, nous nous étions
égaillés dans la nature. Moi je me trouvais au fin fonds de Bè dans une
famille que je n’avais jamais vu ne d’Adam ni d’Eve, qui m’a accueilli, me
nourrissait et m’hébergeait et contrairement à mes bonnes habitudes,
j’étais obligé là bas de faire la queue tous les matins pour aller aux toilettes.
De là j’étais le seul des leaders politiques à garder un contact direct avec
la primature avec M. Dogbatsè qui avait un téléphone satellitaire et moi
aussi un autre téléphone qui permettait de communiquer de cette façon.
Sur ce téléphone, je suivais de près toutes les dispositions que la
communauté internationale prenait pour évacuer leurs ressortissants et les
mettre à l’abri et à partir de ce téléphone je communiquais avec la
primature, je répercutais les informations sur Gnininvi et les autres leaders.
Alors nous avons suivi pas à pas l’évolution des choses, on nous réclamait
à l’Etat major, la liste était régulièrement déroulée sur les antennes,
Agboyibo, Ayidam, Kodjo etc.
Nous n’y sommes jamais allés. Les choses se sont compliqués le
lendemain matin, il y a eu mort d’homme dont le frère du chef de l’Etat,
Koffigoh a été amené à Lomé II, on ne sait pas exactement comment les
choses se sont passées, il y a eu des décès dans les rangs de ceux qui
assuraient sa sécurité et la nuit de ce 3 au 4, ma maison à Agoè Nyévé qui
était toute neuve et que je me proposais d’intégrer avant Noël a été
totalement saccagée, incendié et les mûrs et les vitres ont reçu des tirs de
mitraillettes. c’était quelque chose d’effarant.
L’ambassadeur d’Allemagne de l’époque est allée là-bas photographier les
dégâts je suis sûr que ces images d’archives doivent encore être avec eux.
Voilà ce que je sais de l’attaque de la primature qui a eu comme
conséquence la mise en place de la commission paritaire de suivi qui a été
imposée au premier ministre et qui va réunir autour d’une table comme
celle là, les délégués du RPT et ceux de l’opposition en nombre égal pour
essayer de corriger les outrances et les excès de la conférence nationale.
Je vais passer maintenant à la séquestration du HCR.
Le climat n’était toujours pas serein et les difficultés étaient toujours
évidentes. Il faut dire qu’au HCR on s’était déjà prononcé, avant même
l’attaque de la primature, sur la dissolution du RPT Là je dois confesser
mon rôle, et dire ici qu’à une séance, le sujet était mis à l’ordre du jour. Le
problème qui se posait était en fait la dévotion des biens du RPT qui devait
entraîner ipso facto sa dissolution.
Nous réclamions les biens du RPT parce que nous estimions que tout le
monde ayant cotisé au trésor du RPT, tout le monde ayant subi des
prélèvements sur son salaire, que ces biens ne pouvaient pas revenir à un
seul parti. Qu’il y avait un minimum de justice distributive qu’il fallait
respecter et donc nous n’acceptions que tout ça demeure au RPT. De fil
en aiguille, la question a pris feu, les discussions étaient très houleuses et
feu le ministre Komlavi avait qui je m’entendait bien, revenait régulièrement
sur ceux qui ont mis sur pied le RPT, il martelait tellement ce sujet qu’à un
moment je me suis senti offensé, j’ai demandé la parole pour répondre à
Komlavi J’ai dit en substance que j’assumais donc la mise en place du
RPT et qu’en fonction de tout ce qui a été dit et en vertu des pouvoirs qui
me sont conférés, je prononce la dissolution du RPT.
C’est moi qui dis cela, puisque moi j’ai été secrétaire général du RPT et la
façon dont M. Komlavi présentait les choses me donnait l’impression qu’il
était en train de dire qu’on se disculpait de notre précédente appartenance
au RPT. Alors que n’ai jamais nier le rôle que j’ai eu à jouer au RPT. Ces
paroles que j’ai prononcées en dissolvant le RPT ont suffit pour mettre le
feu aux poudres alors qu’il n’y a pas eu d’annonce formelle de la
dissolution du RPT par le haut conseil de la République. Malheureusement
la balle a porté et on en connaît les conséquences.
J’avais décidé par la suite de ne plus prendre part aux travaux du HCR
parce que j’estimais que les débats n’étaient pas toujours à la hauteur et
j’avais le sentiment de perdre mon temps. je ne croyais plus en cette en la
capacité de cette Assemblée à véritablement régler au fonds toutes les de
notre pays. Un jour je reçois un coup de fil de MSR Kpodzro qui m’a
suggéré de revenir au HCR surtout que le lendemain il y avait un débat
important sur la liberté de la presse. C’est clair que les suggestions de
Monseigneur sont des ordres pour le chrétien que je suis. J’ai alors
accepté d’aller à cette séance et je me trouvais à une place où je faisais
directement face à la porte d’entrée à la salle. Un moment je vois les
brodequins d’un militaire qui est entré dans la salle, qui s’est incliné très
respectueusement devant Monseigneur, puis il a lu un texte qu’il avait
préparé, réclamant des droits pour l’armée. Donc Monseigneur a demandé
notre avis, et nous étions en train de discuter de cela quand on a vu entrer
certains de nos camarades qui n’étaient pas membres du HCR mais qu’on
est parti chercher dans une salle en haut où ils tenaient une réunion. On
n’avait rien compris.
Ils rentrent dans la salle suivis d’hommes armés, qui pointent leur armes
sur Monseigneur, et d’autres sur nous, l’air méchant. Ils ont commencé à
citer les noms des gens qu’ils cherchaient, heureusement, qu’ils ne nous
connaissaient pas. Eux seuls pouvaient entrer et sortir. Les honorables
membres du HCR sont restés en salle sans manger ni boire pendant
26heures. le pire c’est que la porte étant fermée, on n’avait même pas le
droit d’aller aux toilettes, imaginer des gens qui avaient pour la plupart la
cinquantaine, engloutis dans une salle où ils n’avaient pas le droit de sortir
pour faire leur toilettes! Il y en a qui ont été obligé d’aller au fonds de la
salle pour uriner par terre. Monseigneur Gbikpi, toujours intrépide a essayé
de forcer ces barrages pour arriver à nous mais on ne lui a pas donné cette
chance.
Dehors les ambassades se sont mobilisées étaient révoltées contre cet
attentat à la démocratie. Le lendemain, nous apprenons que le général
Eyadema nous envoie de la nourriture, tout le monde était révolté. J’ai vu
Me Agboyibo bondir de son siège indigné demandant d’aller dire au
président qu’on n’est pas ici pour manger mais nous voulons notre liberté.
C’était quelque chose de tragique. A un moment donné, nous voyons un
officier qui entre dans la salle et qui lit les noms de quelques leaders,
Edem Kodjo, Me Agboyibo, Zarifou Ayéva, Dahuhu Péré etc. Nous avons
pensé qu’étant leaders, ils ont voulu nous libérer en premier. Nous sortons,
montons les escaliers vers le grand hall et je voie un militaire qui
accompagne M. Péré à la sortie. Je pensais que ce serait la même chose
pour nous tous. Nous avons voulu suivre, mais ils nous ont plutôt conduit
en haut dans une salle où il y avait un comité de réception, un officier et un
homme de troupe.
L’officier sort de sa poche une fiche sur laquelle le traitement qui devait
être réservé aux uns et aux autres était marqué. Ils s’en parent d’Ayéva
Zarifou, le couchent par terre et devant nous il a été frappé de coups de
bâton. je ne sais pas comment il a fait mais il devait avoir la colonne
vertébrale cassée. Mais je rang témoignage du courage de Zarifou Ayéva,
jamais il n’a poussé un cri. Quand l’impact de ce bâton tombait sur lui, on
entendait seulement un gémissement. Ayéva s’est levé après le traitement
et ce fut mon tour. Alors l’officier dit « celui-là, c’est une gifle ». Le temps
que je prenne mes dispositions, ce soldat m’envoie une de ces gifles
que moi qui mesure 1,83 mètre et qui pèse 87 kg, je me suis retrouvé par
terre. C’est dire le choc que j’ai reçu et quand je me suis levé, il a enlevé
son ceinturon, il s’est mis à me frapper, et l’officier lui dit non ce n’est pas
ce qui est prévu pour lui, ça ne compte pas dans le programme.
Finalement il a été obligé lui-même d’aller ceinturer le soldat qui me
frappait. Me Agboyibo a lui aussi reçu sa gifle sans trop de sévices. Après
cela, ils nous conduisent chez nous, je dis mais j’ai ma patrole. Je ne
savais pas que nos voitures avaient été enlevées et amenées au camp de
la gendarmerie. Tout ce que j’avais dans ma voiture avait été enlevé. Une
fois chez moi, ils m’ont formellement interdit de dire le traitement qui m’a
été infligé autrement, ils reviendraient me chercher. J’ai été admis à la
clinique pendant une partie de la journée et j’ai ensuite convoqué la
presse chez moi et j’ai relaté tout ce qui nous est arrivé. Le lendemain,
tous les journaux ont repris tout repris les faits tels qu’ils se sont passés.
Plus tard je suis devenu premier ministre, mais je n’ai jamais retrouvé ma
voiture.
Cette séquestration a eu tellement d’échos dans le monde que c’est en ce
moment là que les français et les allemands ont décidé de nous inviter à
Colmar qui a été un échec.
Toisième événement, c’est le 25 janvier 1993. C’était dans ma maison que
les leaders s’étaient retrouvés puisque j’habitais tout près de la place fréau.
A l’exception de Gnininvi tout le monde était là. Gnininvi était chez lui pour
coordonner les choses avec Agbéyomé, puisqu’il avait des informations
que les choses allaient mal, pendant que nous attendions Gnininvi chez
moi. Nous étions là avec une bougie pour accueillir nos hôtes de marque,
le ministre français de la coopération et le ministre adjoint des affaires
étrangères d’Allemagne qui étaient partis en avion à Pya pour rencontrer le
chef de l’Etat.
Nous avions prévu pour eux, une réception populaire pour qu’ils puissent
aller dire à l’extérieur ce que voulait le peuple togolais. Il y avait une foule
considérable, mais le temps passait. Gnininvi n’arrivait pas je lui téléphone
et il me dit que l’avion n’a pas décollé de Niamtougou, il faudrait qu’on y
aille pour attendre des heures. je reçois ensuite un coup de fil du
syndicaliste Gbikpi qui me dit « Édouard, les gens commencent à
s’impatienter, ils vous attendent, ils risquent de se disperser ». Je lui dis de
les rassurer que nous allons arriver. Par la suite je reçois encore de lui un
autre coup de fil où il me dit qu’il y a des coups de feu, que les militaires
sont là, que la foule court de partout etc. Il s’est mis à l’abri et j’ai informé
les camarades et tout le monde a décidé de renter chez soi.
Le bilan fut lourd en pertes de vies humaines, on a vu des femmes âgées
essayant de grimper des mûrs, pour tomber dans des maisons. Les
images de cette affaire existent. Le bilan matériel était encore lourd, toutes
voitures qui ont ramené des délégations et qui étaient là, surtout deux
doubles cabines de l’UTD, mon parti que je mettais à la disposition du
codeII pour des manifestations de cette nature, ont été brûlés, sans
compter la patrole de la séquestration et ma maison.
En ce qui concerne le coup d’Etat des 5,6 et 7 janvier 1994, je voudrais
ceci. En ces périodes, nous ne nous couchions pas à la maison. Un soir
j’ai été dans la maison de mon ami Ernest Kponton qui me dit « Edouard,
on ne va pas se coucher ici cette nuit parce que je viens d’être informer
que les gens savent que c’est ici que nous allons nous coucher ». je lu
demande on va alors où, il me dit j’ai une autre maison, on va y aller. Cela
me gênait. une fois la bas je suis tombé malade ce qui a fait que je suis
resté dans cette maison pendant au moins trois jours. C’est en ce moment
qu’il y a eu un coup d’Etat, alors qu’on était à un mois des élections
législatives. Par la suite, je vois à la télé que mon ami Kponton a été
séquestré par des éléments incontrôlés j’ai appelé le colonle Séyi Mèmène
qui est allé lui sauver la vie.
Mais l’épouse de Kponton a fait déclaration à la télé affirmant que son mari
était membre de l’UTD, (ce qui est faux) que le président de l’UTD avait
l’habitude d’aller dans cette maison etc. Le problème c’était que dans
cette maison, on a retrouvé des armes entreposées par le jeune Kouvahey
et on veut simplement m’impliquer dans cette affaire de coup d’Etat. On
me fait ensuite convoquer par un juge instruction qui a élu son bureau au
camp gendarmerie et qui veut m’écouter comme témoins. Aussitôt je
prends un avocat parisiens, Me Bonazelle qui depuis Paris à commencé à
tempêter et une fois à l’aéroport il fait une conférence de presse
tonitruante. L’affaire était devenu complexe, c’est comme cela que j’ai été
blanchi dans cette affaire.
Cinquième point, c’est la perquisition qui a eu lieu à mon bureau. J’avais
rendu ma démission à la suite des élections partielles en 1993 qui ont vu
les 3 sièges invalidés par la cour constitutionnelle, récupérés
complètement par le RPT. Avec ses trois sièges récupérés par le RPT, le
premier ministre n’appartenait plus à une majorité présidentielle de
l’opposition. Aussitôt les résultats proclamés, je remets ma démission au
président Eyadéma. Un jour j’étais à une réunion chez Monsieur
Adouayom où il y avait des dirigeants des partis politiques de l’opposition
quand j’ai reçu un coup de fil m’indiquant que mon quartier était envahi par
les militaires qui sont en train de perquisitionner mes bureaux. J’informe
les camarades, j’arrive chez moi tout est bloqué par les militaires qui ne
voulaient pas me laisser entrer à mon domicile.
J’aperçois le commandant Yark qui était en tenu civile. Il fait signe à ces
éléments de me laisser entrer. Il me dit qu’ils ont eu des informations et ils
sont venus perquisitionner. Je dis où? Il me dit au rez de chaussée, je lui
dis « il y a l’étage pourquoi vous ne perquisitionnez pas là aussi? Je lui
demande de me suivre, il me suit et je lui ouvre toutes les portes du haut, il
n’y avait rien comme armes. Je descends ensuite passablement furieux. Il
partait lorsque je me suis mis à vociférer sur lui et je lui ai demandé de quel
droit il était venu chez moi sans me prévenir. J’ai demandé à avoir un
rapport de cette perquisition que je n’ai jamais reçu.
Dans la foulée j’ai appelé le chef de l’Etat en personne on a refusé de me le
passer. Je lui ai alors fait un fax, il ne m’a rien dit mais j’ai appris par les
ambassadeurs qu’il dit que je l’ai insulté dans le fax. Ce qui n’est pas vrai.
j’ai été raide et sévère, mais je ne l’ai pas du tout insulter et je ne saurait
jamais insulter un chef d’Etat en exercice. Alors pourquoi je tiens à cet
épisode, c’est parce que quand vous avez commencé vos audiences, il y a
une déclaration d’un ancien secrétaire général du RPT, M. Amédégnato qui
disait que les opposants ont des armes qu’on n’a qu’à voir chez Edem
Kodjo. Cela m’a fait un tour. Je n’ai jamais possédé d’armes, je ne sais pas
comment on manipuler une arme.
Quand j’ai été nommé premier ministre on m’a apporté un revolver, j’ai
demandé ce que j’allais en faire. Ils m’ont dit que c’est d’usage qu’un
premier ministre ait toujours une arme chez lui. Dès que j’ai rendu ma
démission le même Tidjani qui m’avait amené l’arme est revenu la chercher.
Ce que je dois dire pour conclure tout cela, c’est qu’en 2005, il y a eu des
événements dans lesquels je n’étais pas impliqué directement. J’étais sur
ma terrasse en train de suivre la télévision quand il y a eu la proclamation
des résultats suivi d’un brouhaha considérable dans la ville, les gens ont
crié un partout, je n’ai mis le pied dehors donc je ne sais pas qui a fait quoi.
Par contre ce que je sais c’est que c’est moi qui ai eu à gérer tout cela en
tant que premier ministre. le sort des réfugies, les discussions avec le
HCR, les difficultés à convaincre les réfugiés qu’ils peuvent revenir etc.
Donc pour ces événements de 2005, je n’ai aucun élément à apporter à
votre connaissance.
Ce que je voudrais dire pour finir, c’est que j’ai pardonné tout ce qui est
arrivé depuis très longtemps. J’ai les meilleurs rapports avec Monsieur
Yark aujourd’hui, si je lui téléphone pour un problème de sécurité, il me le
résout. C’est des hommes qui parfois ont agi sur ordre. Il était très gêné
quand j’ai commencé à vociférer, il avait été très courtois pendant toute la
procédure de perquisition et c’est des gens qui ont exécuté des ordre sans
forcément en être convaincus. ma religieux ne me permet pas de garder
tout cela.
Vers la fin de sa vie, j’avais de très bonnes relations avec Eyadema, le
président Houphouët-Boigny nous a réconcilié de gré ou de force.
Voilà Monseigneur, mesdames et messieurs, ce que je connais de l’histoire
de notre pays dans ces années de braises. J’ai tenu à les partager avec
vous sans aucune animosité. C’est l’histoire de notre pays qui a voulu cela,
ne faudrait pas que nous gardions rancoeur les uns contre les autres, je me
suis forgé une philosophie, elle sera intangible.

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