Joseph Koffigoh, un poète au pays des éléphants


La poésie m’attire de plus en plus ces jours-ci. Pas l’écriture, non, sa consommation. Ainsi me suis-je plongé dans le premier recueil de poésie signé sèchement Koffigoh, ancien Premier Ministre togolais. Un recueil très lisible, dont l’essentiel des poèmes a pour cadre la Côte-d’Ivoire. Le titre, d’ailleurs, est un indice, L’épopée des Eléphants (NEI/CEDA, 2010.) Selon l’auteur, le premier à lui en avoir suggéré la publication est le Président Laurent Gbagbo.

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La poésie m’attire de plus en plus ces jours-ci. Pas l’écriture, non, sa consommation. Ainsi me suis-je plongé dans le premier recueil de poésie signé sèchement Koffigoh, ancien Premier Ministre togolais. Un recueil très lisible, dont l’essentiel des poèmes a pour cadre la Côte-d’Ivoire. Le titre, d’ailleurs, est un indice, L’épopée des Eléphants (NEI/CEDA, 2010.) Selon l’auteur, le premier à lui en avoir suggéré la publication est le Président Laurent Gbagbo. L’amitié des deux hommes est vieille, Koffigoh a fait une partie de ses études en Côte-d’Ivoire, et n’a jamais mesuré son soutien à l’opposant Gbagbo, lorsque feu le Président Houphouët-Boigny envoyait, fréquemment, celui-ci en prison. Ceci explique-t-il cela ? Cela, ce sont ces innombrables vers qui célèbrent « Woody » (Gbagbo) et son épouse Simone. On peut soupçonner le poète de flatterie, mais à bien y réfléchir, on se dit que la vérité doit être ailleurs. Le poète connaît, pour l’avoir enduré, la dureté de la vie politique. C’est de source autorisée qu’il parle et décrit Gbagbo en Guillaume Tell ! Chacun se fera son idée à la lecture du recueil. Jamais en défaut de sincérité, Koffigoh, et espiègle en diable. Tenez, quand il raconte comment les chars de l’armée togolaise l’ont encerclé dans sa primature, pendant qu’il attendait le secours promis par François Mitterrand :
« Les chars hideux de la nuit chargèrent dès l’aurore
Capitaine Epou, le brave, fit front sans renfort.
Mitterrand promit secours, et monts et merveilles,
On sut bien plus tard qu’aux autres, il promit pareil.
Son corps expéditionnaire aima Cotonou,
Ses piscines, ses demoiselles aux cris de minous (…)[Aux victimes du trois décembre, p.75]
Un épisode aussi sanglant de l’histoire politique du Togo brossé en ces termes-là, j’adhère. L’humour de Koffigoh est de cet acabit. Sa poésie patriotique, en ce sens qu’il a les accents d’un dernier des Mohicans : elle croit, contre vents et marées que le Togo vivra, tout comme l’Afrique. Un pari poétique, qui entretient le rêve !

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