Blindtest littéraire:qui se cache derrière? (1)

Copy of photo Elen Puinel.JPGLe dimanche parfois, pour passer le temps, je feuillette les livres et me laisse porter par les phrases, au hasard de leur mécanique. L’idée m’est alors venue, ce matin, de vous proposer un test en aveugle, un blindtest comme disent les Anglo-Saxons. De temps à autre, je proposerai une citation, et vous demanderai de trouver l’auteur de la phrase citée. Premier exercice aujourd’hui, bonne lecture et bonne réflexion.

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Copy of photo Elen Puinel.JPGLe dimanche parfois, pour passer le temps, je feuillette les livres et me laisse porter par les phrases, au hasard de leur mécanique. L’idée m’est alors venue, ce matin, de vous proposer un test en aveugle, un blindtest comme disent les Anglo-Saxons. De temps à autre, je proposerai une citation, et vous demanderai de trouver l’auteur de la phrase citée. Premier exercice aujourd’hui, bonne lecture et bonne réflexion.

« Aux portes de la ville campe le Poto-Poto au nom hautement évocateur. On y connaît des joies sans partage, les douleurs s’y expriment avec franchise. Cette province de la grande cité, con­damnée et oubliée depuis toujours, vit, digère ses problèmes, s’étant inventé un suprême art de survivre. Le système D y est tout simplement érigé en règle. Hygiène ? Connais pas. Territoire interdit aux natures délicates qui s’inondent d’eau de toilette et parcourent le monde, vaporisateur au poing.

Empruntez la première rue pour découvrir ce que les hôtes des quartiers résidentiels appellent avec une pointe de dédain Le Cloaque. De la merde fondante, aqueuse et suintante, couleur foutou banane. Une merde qui commence à sécher, entortillée comme les silures de Mopti. Et cette foire chocolatée durcissante qui craquelle au soleil de midi tels les marécages sahéliens au plus fort d’avril. Ces gâteaux gélatineux savamment disposés en pyra­mides ou qui s’élèvent en vrilles défient les meilleurs pâtissiers de la ville haute. N’oubliez pas ces étrons-beignets généreusement et discrètement déposés au bord des caniveaux et signés par d’ano­nymes artistes nocturnes. »

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