Back on the blog:propos autour d’un atelier d’écriture

recre_images.jpg…une autre fois je retournerai à Ouaga, au So What, à la Consolatrice et au bien nommé Jardin de l’Amitié! Pour l’heure, back on my blog, et merci à ceux et celles qui ont continué à le faire vivre pendant que, pour la cause de la littérature, j’étais au pays des Hommes Intègres.

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recre_images.jpg1. Écrire, à tout prix

Avec quatre jours de retard, le jeune Issiaka Dembele est réapparu à l’atelier d’écriture que j’animais à Ouaga, à la résidence d’écriture des Récréatrales 2006. Il est revenu pour me remettre la nouvelle mouture de sa pièce intitulée « Le goût du partir ». La raison de son absence remarquée:des problèmes financiers pour faire saisir sur un ordinateur son texte remanié, le faire imprimer afin que le groupe en prenne possession pour ces habituelles séances de « mise au pilori ». Pour ce faire, ce jeune auteur a pris un car pour aller à Bobo Dioulasso chercher le soutien auprès de sa famille. L’acte d’écrire est un acte de courage, au regard de cette anecdote, un acte de survie intellectuelle, surtout. Car, qu’est-ce qui obligeait ce jeune homme à courir le Burkina Faso pour aller trouver les moyens de faire exister un texte dont il n’est même pas certain qu’une compagnie de théâtre en fasse la représentation un jour, sinon l’envie forcenée de se sentir vivre et utile à lui-même dans un environnement de plus en plus matérialiste? Oui, qu’est-ce qui a fait courir tous ces auteurs, 9 au total, pendant un mois, pour chaque matin venir partager en atelier les questions et doutes liées à l’acte d’écrire? Moustafa Bela Marka, par exemple, a quitté son Zinder natal au Niger pour s’enfermer avec nous pendant un mois à Ouaga. Sa pièce, Ring Verbal, a été un éblouissement pour moi, comme quoi un homme qui porte au coeur la passion d’écrire finit toujours par communiquer aux autres la singularité de son univers. Moustafa Belo Marka est un excellent auteur de théâtre, tout comme Sophie Kam, une jeune auteure burkinabé, au caractère trempé malgré ses handicaps physiques, qui, le soir de la critique de sa pièce Et le soleil sourira à la mer, m’a offert une tournée au So What, bar de jazz interlope où la musique est aussi bonne que le miel ouagalais! De ces quatre semaines d’atelier, je retiendrai pour terminer ma rencontre avec Souleymane Yaro, l’homme qui a raté son suicide à cause ou grâce à la littérature, c’est selon. Acculé par les drames de la vie, la mort de ses deux filles, Souleymane décida d’en finir avec la traîtresse d’existence. Dans la brousse ce jour-là, sa corde prête, pourquoi a-t-il levé les yeux au ciel une dernière fois? Une bande d’oiseaux dans le ciel, « c’est bête me raconta Yaro, mais j’ai trouvé ça beau, et voulu écrire un poème ». C’est ainsi, à cause d’un acte aussi futile que l’envie d’écrire un poème, que Souleymane Yaro, est encore parmi nous. Que la littérature puisse sauver des vies, je n’avais encore rencontré personne qui me donnât un témoignage aussi fort de cette possibilité.

ouaga_images.jpg2. Ouaga, c’est fini

Le soir de mon départ, devinez où je suis retourné? Pas à La Consolatrice, maquis où j’ai partagé le poulet grillé avec Monique Ilboudo, Etienne Minoungou et mon complice de toujours, Gaétan Noussouglo; non, je suis simplement retourné au Jardin de l’Amitié. M’y ont rejoint tard dans la nuit Alfa Ramses, le metteur en scène togolais et son scénographe Alphonse Sallah, le duo qui travaille actuellement à donner vie à ma pièce de théâtre « Mon Cancer aux tropiques ». Grand bien nous a pris. Soirée grandiose, avec un orchestre déchaîné alternant les standards de rumba, de folk mandingue et de zouk des temps d’antan. On a même eu droit à un cadeau: le chanteur nous a interprété un vieux tube du groupe togolais Sassamasso, et Alfa s’est levé pour guincher, applaudi par Pascaline et Franceline, les deux filles rencontrées le jour de ma première visite au Jardin. Ah, s’il n’y avait eu cet avion à prendre à 3h du matin, je crois que nous aurions poursuivi la soirée jusqu’au bout du petit matin.

Acte manqué aurait dit le bon Docteur Freud: au moment de quitter la villa qui m’abrita pendant un mois, je n’ai plus retrouvé mon passeport. J’ai mis 15 minutes avant de me souvenir de l’endroit où je l’avais mis, comme si inconsciemment, cette ville m’avait tellement marqué qu’il m’était impossible de la quitter comme un amant insouciant. Que promettre, sinon qu’une autre fois je retournerai à Ouaga, au So What, à la Consolatrice et au bien nommé Jardin de l’Amitié!

Pour l’heure, back on my blog, et merci à ceux et celles qui ont continué à le faire vivre pendant que, pour la cause de la littérature, j’étais au pays des Hommes Intègres. Merci.

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