Un hommage à Yambo Ouologuem en préparation à Lomé…

En prélude à la 11e édition du festival Filbleu, la Fondation Pax Africana, basée à Lomé,  organisera début mars dans la capitale togolaise, une journée d’hommage en l’honneur de l’écrivain malien Yambo Ouologuem…. 

Yambo Ouologuem demeure pour les chercheurs en littérature l’exemple même du décentrement des institutions littéraires qui font et défont l’écrivain francophone africain. Un exemple paradoxal, en réalité, puisque sa chute fit doublement orchestrée à Paris par les intellectuels panafricanistes eux-mêmes et le landenau éditorial français. Preuve d’ailleurs qu’en matière de littérature, Paris reste une étape délicate en matière de goût. En avril 2003, au retour d’un voyage à Bamako, j’avais publié une lettre ouverte au Ministre de la Culture malien de l’époque pour l’exhorter à réhabiliter le modèle et le martyr que fut Yambo pour les lettres africaines. 15 ans plus tard, je me rends compte que la réhabilitation est un processus qui viendra de la littérature elle-même. Yambo reviendra à la mode, avec le temps, avec les saturations esthétiques. Les grands auteurs africains de demain, forcément encore plus décomplexés vis-à-vis du fétiche « Afrique »le remettront au panthéon comme  maitre à penser, mentor en écriture, lui qui lisait la littérature mondiale, et en faisait même l’essence (l’intertexte) de sa manière d’écrire.

L’hommage de Lomé sera notre manière de revisiter les relations complexes entre le centre et la périphérie littéraires.

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