Un Béhanzin peut en cacher un autre

ouanilo_1.jpgLe corps du fils du célèbre roi Béhanzin a été exhumé, hier matin, au cimetière Nord de Bordeaux, où il reposait depuis octobre 1928, année de son décès à l’âge de 42 ans. Transféré dans un cercueil neuf recouvert du drapeau tricolore béninois (vert, rouge, jaune), le corps doit prendre demain la destination de Cotonou.

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Lu dans Sud-Ouest/ Bordeaux

Le prince Ouanilo de retour au Bénin

Le prince Arini Ouanilo retrouvera sa terre natale de l’ancien Dahomey. Le corps du fils du célèbre roi Béhanzin a été exhumé, hier matin, au cimetière Nord de Bordeaux, où il reposait depuis octobre 1928, année de son décès à l’âge de 42 ans. Transféré dans un cercueil neuf recouvert du drapeau tricolore béninois (vert, rouge, jaune), le corps doit prendre demain la destination de Cotonou. « Le peuple béninois tout entier vous ramène à la maison », a glissé Nicole Elisha, ministre-conseiller à l’ambassade du Bénin à Paris. De fait, la cérémonie s’est déroulée en présence d’une importante délégation de cet Etat africain, République indépendante depuis 1960. D’abord, des petits-enfants du défunt et des membres de la famille royale. Mais aussi de Théophile Montcho, ministre de la Culture, des Sports et de la Communication, d’un groupe de musiciens et de danseurs en tenue jaune et noir du ballet national. Présents également Pierre-Michel Delgay, consul, et des membres de la communauté béninoise de Bordeaux. La cérémonie, à la fois émouvante et colorée, s’est déroulée selon un protocole strict. Durant une heure et demie, elle a mêlé la libation rituelle animiste, dirigée par le responsable du culte au palais royal, et la bénédiction catholique par un jeune prêtre béninois; l’hymne national et les chants et percussions traditionnels; le recueillement silencieux et les danses ancestrales autour du cercueil sous l’oeil de la caméra de la télévision béninoise et de nombreux Caméscopes. Seule la famille royale a pu assister à l’exhumation elle-même derrière un rideau de tissus frappés d’élégants motifs artistiques et tendus en arc-de-cercle autour de la tombe. « Qui aurait cru que nous pourrions retrouver notre père ? » s’est interrogé un membre de la famille en remerciant le consul pour les efforts entrepris depuis 2004, les chefs d’Etat béninois et français. Des remerciements ont aussi été adressés à la ville de Bordeaux. « L’esprit d’Ouanilo et de son père vous protégeront », leur a assuré Théophile Montcho.

ouanilo_2.jpgUne page d’histoire. Le transfert du corps du prince depuis la terre de l’ancienne puissance coloniale jusqu’à Abomey, fief de la famille royale, où un mausolée est en cours de construction, est vécu comme un événement majeur au Bénin, même si la famille royale n’y a aucun pouvoir constitutionnel. 2006 est en effet l’année du centenaire de la mort du roi Béhanzin qui, après avoir capitulé devant les troupes coloniales en 1894, avait été envoyé en exil à la Martinique puis en Algérie où il mourut en 1906.Pour ce centenaire, des cérémonies sont prévues en décembre prochain au Bénin. « Ce sera l’occasion de revisiter l’oeuvre du roi, de la replacer dans un contexte », indique Théophile Montcho. En soulignant « chez nous, les morts ne sont jamais morts », Nicole Elisha a évoqué la « nouvelle page de l’histoire du Bénin » que représente ce transfert. Arini Ouanilo, avocat au barreau de Bordeaux, marié à une Bordelaise, avait ramené le corps de son père d’Alger à Abomey en 1928. Aujourd’hui, c’est à son tour de faire le chemin du retour.Son cercueil arrivera mercredi soir à Cotonou où une veillée funèbre est prévue toute la nuit à la cathédrale. Des milliers de personnes y sont attendues. Jeudi, après avoir franchi les 150 kilomètres séparant Cotonou d’Abomey, le prince sera pour toujours aux côtés du « roi-requin ».

Source: (Michel Monteil)

Sud-ouest Bordeaux, Mardi 26 sept. 2006

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