Traduire Lezama Lima

lima.jpgToute sa vie (1910-1976), l’écrivain cubain José Lezama Lima n’a écrit que cinq nouvelles, mais quelles nouvelles! Rassemblés dans un recueil intitulé Le Jeu des Décapitations, ces 5 textes sont un mélange d’érudition et de leçon de style. Je ne sais pas lire l’espagnol, mais en relisant ce week-end le recueil, il m’est arrivé de buter plusieurs fois sur les phrases de ce lui que l’on surnomme « le Proust des Caraïbes »…

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lima.jpgToute sa vie (1910-1976), l’écrivain cubain José Lezama Lima n’a écrit que cinq nouvelles, mais quelles nouvelles! Rassemblés dans un recueil intitulé Le Jeu des Décapitations, ces 5 textes sont un mélange d’érudition et de leçon de style. Je ne sais pas lire l’espagnol, mais en relisant ce week-end le recueil, il m’est arrivé de buter plusieurs fois sur les phrases de celui que l’on surnomme « le Proust des Caraïbes », et me demander quel talent il a fallu au traducteur de ces nouvelles pour rendre en français la prose souple mais déstructurée du Cubain.

Un exemple, cette phrase en français, je me demande à quoi peut ressembler l’original; d’ailleurs, si quelqu’un a le texte dans sa version originale, prière de le copier et poster sur le blog dans les commentaires. Cela ferait aux hispanisants un bel exercice de traduction.

« Comme on peut s’y attendre, la femme qui entoure un homme à mi-chemin entre entre le banditisme et la revendication du trône, se doit d’être la maîtresse qui trahit en sirotant délicatement son thé, qui passe d’un camp à l’autre pour guetter le moment propice du sommeil concentré sous la tente du combattant, et qui place, dans un panier introduit là avec quelques bouteilles de vin capiteux, une tête décollée de son tronc avec si gracieuse netteté que les gouttes de sang, cire mêlée de cerises. » Le Jeu des Décapitations, pp. 20-21.

Question: grammaticalement, en français, le que n’appelle-t-il pas un verbe? S’il y a ellipse du verbe dans la phrase espagnole, par quelle ponctuation la rendre sensible au lecteur en français. Personnellement, je pense que j’aurais traduit ainsi la dernière partie de la phrase: « … avec si gracieuse netteté que: les gouttes de sang, cire mêlée de cerises. »

Un livre à lire absolument, surtout qu’il se lit vite, même après une sieste crapuleuse!

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