Quand la diaspora africaine déprime…aïe!

masque_triste.jpgPrécision importante: je ne suis pas l’auteur du texte que vous allez lire. Il est signé d’un certain Kabiona-Kaseke, congolais de la diaspora. Il m’a été envoyé par un ami Belge, Didier de Lannoy, qui trouve que notre ami déprime un peu. Votre avis sur la question?

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masque_triste.jpgPrécision importante: je ne suis pas l’auteur du texte que vous allez lire. Il est signé d’un certain Kabiona-Kaseke, congolais de la diaspora. Il m’a été envoyé par un ami Belge, Didier de Lannoy, qui trouve que notre ami déprime un peu, philosophe devenant tristounet. Mais il se trouve que certains accents de sincérité dans ce texte m’ont touché. Une fois au moins dans sa vie d’exilé ou d’immigré, qui ne s’est pas posé ces genres de question? Bonne lecture!

« Diaspora, on a échoué dans nos rêves !

Rêve de réussir dans notre pays natal après nos études en Occident !

Rêve d’être ministre, occuper des postes de PDG, frimer en BO au pays !

Diaspora par ici, « diassa-diassa » là-bas.

Diaspora en Occident, « diaspouri » en Afrique.

Bardés des diplômes, nous croupissons en rupture de ban dans notre majorité en occupant des emplois de survie.

Je me le demande toujours pourquoi ! Peut être en raison du manque de réalisme. Manque de bon sens, l’africain étant toujours en retard.

Diaspora, on a échoué dans notre vie de couple.

deprime.jpgÉchec de mener une vie équilibrée d’homme à l’africaine. Les épouses humilient leurs maris devant les enfants. Ces maris en jeûne affectif forcé, sous embargo matrimonial et relégués au rôle de mendiants sous la couette, alors que nos congénères collectionnent les aventures des « bureaux » en Afrique. Certains rêvent de rattraper cette privation affective lors de la retraite. (Bonjour les divorces après 65 ans, bienvenues les FIOTI FIOTI).

Diaspora, on a démissionné devant les assistantes sociales, on s’est déchiré pour des minables allocations familiales.

On continue à se bagarrer pour gérer les WESTERN UNION qui nous spolient en sponsorisant nos familles respectives restées au pays.

Des maris diplômés mais démissionnaires devant leurs devoirs de parents dans un rêve d’un avenir meilleur au pays.

Diaspora, on a échoué dans l’éducation de nos enfants.

Ces enfants rois sans aucune ambition, sans objectif depuis leurs berceaux.

Ces enfants rois font tout ce qu’ils veulent : les parents se les arrachent dans une compétition de docilité acharnée.

Si tu veux un divorce avantageux, dorlote et chouchoute ta progéniture.

En cas de divorce, l’enfant ROI choisira le plus « gentil », le plus caressant.

Enfin, Diaspora, on va échouer dans notre retraite si nous rêvons toujours de passer notre vie de senior au pays.

On continue à rêver : « Nous ne vieillirons pas en Occident ». Or, la réalité va nous rattraper. A l’instar des romains, il y a lieu d’être épicurien et savoir profiter du moment présent «ubi bene, ubi patria» : «On est chez soi là ou on se sent bien» au lieu de persévérer dans des illusions.

Nous serons malheureusement tous enterrés ici en Occident.

Sauf évidemment ceux qui s’acharnent à rêver encore.

A méditer ».

Par Denis Kabiona-Kaseke

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