Quand l’Afrique se soustrait à la marche du monde

vodoumec_0.jpgUn ami m’a envoyé par courriel ce texte étrange et instructif, aux thèses desquelles je n’adhère pas forcément mais qui font réfléchir à la lecture. Je vous propose d’en éprouver le bien-fondé ensemble. (K.A)

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vodoumec_0.jpgUn ami m’a envoyé par courriel ce texte étrange et instructif, aux thèses duquel je n’adhère pas forcément mais qui font réfléchir à la lecture. Je vous propose d’en éprouver le bien-fondé ensemble. (K.A)
Le texte serait écrit par un journaliste sénégalais du nom de Ousmane Sow, bon un tel nom est tellement commun au Sénégal que ça peut être un pseudo également. Enfin, lisons.
Quand l’Afrique se soustrait à la marche du monde: de nouveau, esclaves ?!! Il arrive dans la vie qu’une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J’attendais tranquillement un ami au terminus d’autobus de Montréal quand un monsieur d’un certain âge a pris place à mes côtés avant d’engager l’une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d’études stratégiques dans un institut international, l’homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s’il vous plaît, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu’il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats :
« Cela fait maintenant plus de 25 ans que j’enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j’ai eu affaire à des dizaines d’officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l’analyse et de l’anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu’à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. La mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde.
Ousmane Sow (journaliste, Montréal)
27 juillet 2006

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