Quand « brûle » la bibliothèque de Joseph Ki-Zerbo…

ki-zerbo.jpgL’homme qui vient de mourir n’était pas un intellectuel de salon. En visite au Burkina Faso en septembre 2006, les rumeurs de sa très mauvaise santé circulaient déjà. Joseph Ki-Zerbo, l’historien et homme politique burkinabé a donc passé l’arme à gauche le 4 décembre 2006.

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Ki_zerbosaintmalo.jpgL’homme qui vient de mourir n’était pas un intellectuel de salon. En visite au Burkina Faso en septembre 2006, les rumeurs de sa très mauvaise santé circulaient déjà. L’homme avait même cédé son mandat de député de l’opposition à un suppléant, et s’était retiré de la scène publique. Joseph Ki-Zerbo, l’historien et homme politique burkinabé a donc passé l’arme à gauche le 4 décembre 2006.

Sur l’intellectuel, un seul fait retient mon attention: son rapport au révolutionnaire Thomas Sankara et à ses tristement célèbres CDR, Comités de Défense Révolutionnaires, lesquels ont mis le feu à la bibliothèque de J. K-Z, après la prise de pouvoir de Sankara, et contraint l’intellectuel à l’exil au Sénégal. Le fait avait beaucoup les burkinabés à l’époque, et pour cause, une bibliothèque de 11.000 livres, partie en fumée, à défaut de brûler le vieillard lui-même sur le bûcher de l’ignorance et de l’intolérance! En Afrique, c’est connu, un vieillard qui brûle est une bibliothèque… ou l’inverse… ils ont dû rire, les miliciens de Thomas Sankara, et jouer à tordre la phrase cliché dans tous les sens, ce jour-là.

Plus sérieusement, il y a quand même eu des manières fortes de rendre hommage au Professeur Ki-Zerbo.. Lisez cet article, à mon avis la meilleure reconnaissance de l’importance de l’homme qui vient de nous quitter. http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=146&code_art=15967

Je ne sais pas ce que les habitants du village natal de JKZ penseront de l’article que je vous recommande de lire en lien, de l’hommage spectaculaire rendu à l’historien, eux qui n’avaient pas la même opinion de leur « pays », compatriote intellectuel reconnu partout mais pas toujours prophète chez lui. Oui, plusieurs fois à Ouaga, j’ai entendu les gens parler de l’homme, je dis bien l’homme, au quotidien, de ses rapports avec les gens de son terroir natal : noms d’oiseaux et autres griefs contre un homme qui ne les traitait pas toujours avec l’esprit communautaire qu’ils lui supposaient. Que dire, sinon que la sphère intellectuelle oblige parfois à des postures rigides, et que malgré tout Joseph Ki-Zerbo mérite notre hommage à tous, quel que soit ce que les uns et les autres ont pu penser de lui de son vivant. Il n’est simplement pas facile d’être intellectuel en Afrique. On a vite fait de vous taxer aussi d’aliéné, parce que vous refusez d’adhérer à certains comportements collectifs, ce que les villageois de Toma reprochaient en fait à JKZ !

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