Lobsang Rampa, un canular littéraire au 20è siècle

rampa_thirdeye.jpgJe me souviendrai longtemps de ce nom, Lobsang Rampa. Il se trouve qu’à l’adolescence, mon frère aîné et le copain de ma grande soeur lisaient régulièrement des livres traitant de sujets religieux ou ésotériques. Au nombre des auteurs qu’ils lisaient, un nom, un seul, revenait plus que les autres, celui de Lobsang Rampa…

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rampa_thirdeye.jpgJe me souviendrai longtemps de ce nom, Lobsang Rampa. Il se trouve qu’à l’adolescence, mon frère aîné et le copain de ma grande soeur lisaient régulièrement des livres traitant de sujets religieux ou ésotériques. Au nombre des auteurs qu’ils lisaient, un nom, un seul, revenait plus que les autres, celui de Lobsang Rampa, auteur entre autres du Troisième oeil, la robe de sagesse, etc, tous livres publiés dans la collection « L’Aventure mystérieuse » des Editions J’ai Lu!

rampaoeil_2.JPGEt Dieu sait que j’ai lu Rampa, présenté par ses éditeurs comme « diplômé de l’université de médecine de Tchong-k’ing » et porteur du titre de « lama du monastère de Potala à Lhassa » (sic). Je me suis même adonné parfois à certains exercices de son premier best-seller pour ouvrir mon « troisième oeil », et ainsi accéder à un plan de conscience supérieur. Bon, je n’ai pas tenté la lévitation, mais ce n’était pas l’envie qui manquait, seulement vivre à trois dans une chambre et léviter peut causer des chocs aux autres en cas de réussite de l’opération! Bref, pendant longtemps, j’ai gobé les histoires que cet étrange moine tibétain me racontait, j’étais à la recherche de Dieu, vous comprenez, et de moi-même. Jusqu’au jour où, soudain, je découvre que le fameux moine qui m’accompagnait dans mes crises de spiritualité juvéniles se nommait en réalité Cyril Henry Hoskins, qu’il était né dans le Devonshire, que son père était plombier-zingueur à Londres et qu’à la parution de son premier livre, « Lobsang Rampa » n’avait en fait jamais quitté la Grande-Bretagne! Ah, sacré Rampa! Ce qui est bizarre dans l’affaire, c’est que je n’ai pas osé révéler à mon frère et à mon beau-frère cette découverte qui m’ébranla profondément et allait me confirmer dans cette intuition que j’avais des pouvoirs du Mot, de la Littérature. Aujourdh’ui encore, il m’arrive de rencontrer des gens de bonne foi qui ignorent que Lobsang Rampa n’était qu’un obscur chômeur qui a réussi l’un des canulars littéraires les plus fous du 20è siècle. La preuve, son best-seller traduit dans je ne sais combien de langues continue de se vendre.

rampavrai_7.jpgAh la force de la littérature, surtout quand elle touche à ce qui nous dépasse, l’envie de transcendance de l’être humain. J’ai relu Le troisème Oeil récemment, sans plaisir, car Rampa n’est quand même pas Emile Ajar (Romain Gary), et j’avoue ne plus avoir tenté de léviter ni de sortir de mon corps astral! Oh, ça suffit comme ça, bluffé une fois mais pas toute la vie! Mais quand même, la force des histoires de cet imposteur de Londres me hante encore aujourd’hui!
Sur la démystification de l’écrivain Lobsang Rampa, faites un tour à l’adresse suivante:
http://www.zetetique.ldh.org/rampa.html

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