Les affres du roman national

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L‘an 2019 démarre bien. J’ai délaissé un manuscrit sur lequel je souffrais pour aborder enfin le roman dont je rêve depuis plus de vingt ans.Dans ma tête ce samedi 5 janvier 2019, je m’imagine vivre en 1940 dans un Togo sous mandat français, dirigé par un gouverner envoyé par Vichy, ou obligé de suivre les règles d’une France sous la botte des Nazis. Avec la guerre, les habitants du Togoland rêvent du retour des Allemands, c’est ainsi, les colonisés d’hier méprisent les Français. Les notables de 1940 aimaient se déplacer avec des vélos anglais. Ils payaient des taxes. L’un de ces notables m’obsède, il s’appelle Sylva. Chaque fois que je dis aux gens que j’écris un roman sur lui, on me prévient: fais attention, les plaies sont encore ouvertes. Le romancier, pourtant n’a pas la même mission que l’historien. Il n’est pas payé pour remonter l’Histoire d’un point de vue, mais de tous les points de vue, surtout d’un point de vue intime. Le romancier est un pêcheur en eaux troubles, il a pour rôle de semer le doute dans les esprits, de faire réfléchir autrement. On peut réécrire l’Histoire, on ne réécrit pas un roman. Dans tous les cas, je suis bien assis sur un vélo de 1940, j’espère atteindre les années 60. Ah les affres du roman national, pour une fois je m’éloigne de TiBrava. Souhaitez-moi bonne chance!

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