LEENA, UN OPERA SIGNE BOUBACAR BORIS DIOP

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Création à Bordeaux, avant-première ce jeudi 23 Septembre 2010 à Cenon, près de Bordeaux.

UN OPERA EN WOLOF À BORDEAUX : Quand Boubacar Boris Diop fait chanter dans la langue de Kocc en France
Mercredi 15 Septembre 2010
Après l’Opéra du Sahel, qui a fait le tour de l’Afrique et quelques pays d’Europe, voici «Leena» de Boubacar Boris Diop, un Opéra en wolof à Bordeaux. Ce spectacle sera inauguré le 24 septembre prochain à Cenon et le 19 mars 2011, il se jouera au Palais des sports de Bordeaux, dans le cadre de la Saison de l’Opéra de Bordeaux.

C’est déjà une grande ambition que d’avoir monté un Opéra en wolof où la plupart du temps ce sont des non «wolophones» qui chantent. Mais cette gageure, le romancier et dramaturge sénégalais Boubacar Boris Diop l’a fait à travers l’Opéra «Leena» qu’il a écrit et produit avec l’association bordelaise Migrations culturelles Aquitaine Afriques (MC2A). Unissant français et wolof, artistes professionnels et amateurs, ce spectacle ambitieux relève à la fois des défis artistiques et citoyens, une première dans cette région.

Cette idée de génie, le scénariste sénégalais l’a eu en 2007, lors d’un atelier qu’il était venu animer à Lormont, une commune française dans le département de la Gironde, auprès de jeunes franco-sénégalais. Entre les voix des interprètes, comme celles de la chanteuse béninoise Perrine Fifadji, du Sénégalais Doudou Sata, du chorégraphe Auguste Ouedraogo, du slameur Khalid ou celles des choristes amateurs, guidées par Philippe Molinié, coordinateur des ensembles vocaux, la langue de Boris Diop, le wolof, devient une matière à sculpter.

Aussi, l’enjeu artistique du projet est, selon les initiateurs, de faire chanter en wolof des non-«wolophones» et de réunir des tendances artistiques (théâtre, slam, musique et danse), «parfois conflictuelles», pour reprendre les mots même du metteur en scène Guy Lenoir. De la scène, évoquant à la fois la place d’un quartier dakarois et celle d’une cité urbaine de Bordeaux, les mélodies composées par le Sénégalais El Hadj Ndiaye, et réorchestrées par le compositeur bordelais Mathieu Ben Hassen, les costumes, en passant par les acteurs qui constituent un véritable Patchwork, un ensemble disparate, tout a été minutieusement fait. Ce travail qui a duré des mois et qui a demandé tant d’efforts attend d’être monté sur scène. Et ce sera le 24 septembre prochain, ou «Leena» assurera l’ouverture du Rocher Palmer (c’est 6700 m2 dédiés aux cultures du monde sous la direction artistique de Musiques de Nuit), à Cenon à Bordeaux, mais aussi le 19 mars 2011, au Palais des sports de Bordeaux dans le cadre de la Saison de l’Opéra de Bordeaux.

Le plus dur reste à venir maintenant pour «Leena». À savoir être apprécié de ce public qui ne parle pas la langue de Kocc. Et pour note, cet Opéra parle du parcours d’une jeune Sénégalaise élevée en France par sa mère. En quête d’identité, elle est rattrapée par son histoire et son lien avec l’Afrique à l’arrivée de son oncle, griot débarqué du Sénégal. Les chants wolofs de son oncle font vibrer en elle une corde restée jusque-là muette et vont lui permettre de se réconcilier avec une part d’elle-même.

Oumou Sidya DRAME
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