LE ROMAN SUBSAHARIEN POST-COLONIAL

Ce texte publié par Ludovic Obiang est une charge argumentée. Bien argumentée. Mais je me demande parfois si un bon argument relève toujours d’une bonne herméneutique du texte. Enfin, bonne lecture!

LE PARTI DE LA SUBVERSION : INNOVATION OU STEREOTYPE ? POSTULATION DE L’ANTICONFORMISME ET RECONSTRUCTION DU TOPIQUE NEGRE DANS LE ROMAN SUBSAHARIEN POST-COLONIAL

Ludovic Obiang

Maître de Recherche, Institut de Recherche en Sciences Humaines (Libreville-Gabon).

fepeli@yahoo.fr
On croit innover ? On ignore qu’on imite un classique ou un illustre inconnu.
Boniface Mongo-Mboussa, Désir d’Afrique, 2000

Introduction

Orienté dès sa naissance sur la dénonciation du système colonial et soumis concomitamment à un « classicisme » formel, le roman francophone subsaharien opère, dès les années 60, une rupture tranchée, sous le mode d’un désenchantement qui se veut l’écho des turpitudes des états nouvellement indépendants. La crise s’accentuant, les générations successives systématiseront ce caractère de déréliction, au point que le roman contemporain africain rime avec délabrement social et dislocation de l’écriture. Il s’exprimera principalement selon une tonalité irrévérencieuse, transgressive, déclinée en autant d’avatars métonymiques (sordide, obscène, morbide, absurde, ubuesque, scabreux, etc.). Toutefois, le recours généralisé au subversif, et le fait qu’il se rattache aux courants avant-gardistes de la littérature occidentale, atténuent la volonté de rupture affichée par les auteurs. Ce modèle prédominant n’établit-il pas un nouvel exotisme africain, d’autant plus insidieux qu’il véhicule, au contraire de l’ancienne négritude, une image particulièrement négative de l’Afrique ? Notre recherche examinera l’inscription de la subversion dans les textes, dans le double intérêt d’en inférer une systématique générale et de comprendre quelles tendances elle sous-tend des rapports tumultueux entre l’Occident (Le Nord) et l’Afrique (le Sud).

I. Du devoir d’intercession à la tentation de l’obscène : l’ambiguïté d’être nègre

I.1. « Nous montrer tels que nous sommes »

On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une bonne âme, dans un corps tout noir [1].

Cette allégation qui concentre en elle la justification des futures exactions esclavagistes et coloniales, allait aussi constituer le promoteur des premiers essais de littérature originale nègre. Non pas rejeter l’anathème du monstre contrefait et imbécile, ou du nécromant pervers et maléfique, mais atténuer les rigueurs du portrait en ayant bien garde de ne jamais contrarier le maître. Les premières plumes africaines, Bakary Diallo, Félix Couchoro et plus tard Ousmane Socé ou David Ananou, s’attachent à montrer leur univers familier, à peindre les africains « tels qu’ils sont », porteurs de tares qui ne sont pas irrémédiables, dès lors qu’ils se laisseront dégrossir par l’humanisme colonial. S’ébranle ainsi l’errance tragique de l’Africain vers une altérité d’autant plus fuyante qu’elle porte les germes de sa propre destruction :

« […] si le Noir d’Afrique était connu tel qu’il est, [..], il est fort probable que l’on excuserait ses travers et que l’on serait plus indulgent à son endroit, ne serait-ce que par égard pour l’humanité qui est en lui » (Le fils du fétiche, p. 9) [2].

Même l’indignation de René Maran à l’encontre des « errements » coloniaux, n’échappera pas à ce retour de bâton. Ecrire un « véritable roman nègre », c’est montrer le noir dans sa nature spécifique, usager de mœurs « désuètes » qui – paradoxalement – le figent dans une identité caricaturale et irréversible [3]. Malgré la réserve affichée ensuite à l’encontre de ses émules, René Maran aura ouvert la voie aux romans de la négritude, romans au sein desquels la « cause » anti-coloniale cohabite avec une affirmation de soi à double tranchant, aussi pernicieuse qu’elle semble euphorique.

II.2. « La bouche des malheurs qui n’ont pas de bouche »

Or, il semble bien, à parcourir les romans de la lutte anti-coloniale, que leurs auteurs ne se doutent pas du poison qui en imprègne les feuillets. Œuvres de circonstances, cris du cœur, textes militants, ces romans se doivent de restituer les mensonges du système colonial, les incidences du contact des cultures et les ravages du conflit des générations. Œuvres de dénonciation, les textes décrivent avec force détails, les scènes de spoliation et d’humiliation dans les « cercles » coloniaux concentrationnaires ou sur les chemins épineux d’Europe (Climbié, Le vieux nègre et la médaille, Ville cruelle, Maïmouna, L’aventure ambiguë, etc.). Œuvre de sensibilisation enfin, les romans matérialisent les thèses et les idéaux glanés au cours de cheminements intellectuels ou spirituels éclectiques. La fiction littéraire devient le cadre de reconstructions historiques (Les bouts de bois de Dieu) ou d’utopies allégoriques (Le chant du lac) qui affirment la vocation pédagogique de l’écrivain de même qu’elles en traduisent le projet social. Peu en importe le simplisme, le versus nègre spolié/colon blanc s’avère l’arme idoine pour hâter les « soleils » des indépendances :

« C’était le même soleil depuis des millénaires, et pourtant, ce jour-là, nous avons cru apercevoir une lueur dont nous avions perdu jusqu’au souvenir : la lueur de l’espoir. » (Une aube incertaine, p. 198).

I.3. Les « soleils » des indépendances

Mais du fait même de cette lecture partiale, les indépendances tant attendues ne tiendront pas leurs promesses de félicité, travesties par ceux-là mêmes qui les auront arrachées. Aux détestables colonisateurs, se sont substitués leurs anciens collaborants (interprètes, miliciens, instituteurs, etc.), déguisés en « libérateurs » héroïques [4]. Au lendemain des liesses populaires, le réveil est brutal parmi le martèlement des bottes et le cliquetis des armes : à la faveur des ténèbres, les anciennes colonies se sont transformées en de sordides dictatures où la vie d’un homme pèse moins qu’un « duvet d’anus de poule » (Les soleils des indépendances, p. 138)! Aux « sages » des premiers romans vont se substituer les illuminés des temps moderne, prophètes de malheur, « fous » désopilants, extralucides désabusés, et les héros occasionnels se chercheront dans les professions libérales, médecins, avocats, instituteurs, contraints de soutenir à eux seuls la voûte d’un monde qui s’effondre :

« Et qui suis-je, moi, pour vouloir prendre à mon compte et à mon âge la misère de ce pays ? » (Saint Monsieur Baly, p. 55).

Aux « villes africaines » de la coloniale, réservoirs inépuisables de la main d’œuvre indigène, se sont substitués les bidonvilles urbains, déversoirs nauséabonds des désillusions citadines :

« Petite Venise là, […] un quartier dans un creux, sans horizon, où s’agglutinaient dans le désordre des constructions de fortune faites de matériaux hétéroclites. » (Au bout du silence, p. 62)

Voici Embényolo. Comme je te comprends. Il n’est pas possible de vivre ici. C’est sur la terre et c’est en dessous de tout. C’est noir de monde, et il n’y a pas un millimètre carré de terrain qui ne soit pris d’assaut par les ordures (Contours d’un jour qui vient, p. 128).

Malheur à celui qui aura le front de s’opposer. La répression sera brutale : « le peuple, tout le peuple ne tardera pas à lui infliger la juste sanction qu’il mérite » (Les crapauds-brousse, p. 115). L’imaginaire est là, certes, mais l’invention est bien loin, la fiction étant bien souvent en deçà de la réalité ! L’écriture s’adapte donc à la réalité « bâtarde » qui l’inspire. Non seulement au niveau du référent ou de la tonalité, mais au niveau même de la langue, qui de relativement « classique » d’abord, se transforme peu à peu en un idiome à part, hybride de français et de « parlers » vernaculaires ou populaires.

Mais les « indépendances », c’est aussi l’avènement d’une écriture féminine « émancipée », irrévérencieuse, qui ne ménage pas sa critique à l’encontre de certains usages traditionnels. Les Sénégalaises Aminata sow Fall, Mariama Ba, et bientôt Ken Bugul prêtent leur voix à une couche de la population qui s’était résignée jusque là aux vertus du silence, ouvrant ainsi des perspectives nouvelles sur le monde anciennement fermé des harems, des désirs refoulés, des haines réprimées, des mariages arrangés, etc.

Les « indépendances », c’est encore l’occasion de transferts plutôt réussis d’un cadre générique à un autre. Le poète Tchikaya U’Tamsi, le dramaturge Sony Labou Tansi, adoptent le roman et le nourrissent de leur expérience particulière/ancrage respectif. Le deuxième, surtout, y transpose sa verve rocambolesque et son dialogue avec d’autres sphères culturelles (Amérique du Sud), parvenant ainsi à créer un univers à part, un monde estampillé du génie de son auteur, quand d’autres préfèrent se ressourcer aux infusions balsamiques de la forêt (Les exilés de la forêt verte, Le silence de la forêt). Voici l’écrivain au seuil de la découverte majeure de la fin du siècle, découverte d’un nouveau monde, celui de l’écriture.

I.4. Les nouveaux horizons littéraires

Refroidi par l’hostilité extérieure, l’écrivain se replie sur lui-même, sur le seul monde où sa créativité peut s’exprimer sans limites. En résulte surtout une distanciation prise par rapport au réel immédiat et un cheminement autocentré qui trouvera sa cristallisation dans l’avènement de la « migritude », un foyer d’écriture « black » au bord de la Seine parisienne [5]. Les fils d’immigrés ou les exilés de longue date revendiquent un métissage qui leur autorise une distance plus grande par rapport à la situation africaine et donc une plus grande liberté aussi bien dans le choix des thèmes que dans leur traitement scriptural. Leur monde à eux, c’est celui de l’immigration (L’impasse, Bleu-blanc-rouge), c’est celui des arrondissements ostracisés (Le petit prince de Belleville, Place des Fêtes), c’est celui du cosmopolitisme sans frontières (La polka). Les romanciers assument peu à peu leurs préférences, leurs envies, leurs amours. L’écriture s’ouvre à de nouveaux genres (polar, fantastique). On explore pêle-mêle les bas-fonds de la déchéance humaine (Yaba Terminus, Temps de chien, Moi l’interdite), les sentiers de l’enfance (Le briseur de jeux), les méandres du surnaturel (L’enfant des Masques, Mémoires de porc-épic), etc. Mais surtout, on fait exploser les tabous les plus rigides, tels la vénération de la mère (Une noire dans le blanche, L’impasse, Contours du jour qui vient, La fabrique des cérémonies, Place des Fêtes), la polyandrie, l’excision, l’inceste, le respect dû aux morts (L’homme dit fou et la mauvaise foi des hommes, Place des fêtes). L’heure est désormais à la tentation de l’obscène, du sordide, de la déréliction la plus totale.

II. Le pari du vandalisme : Ouologuem plutôt que Senghor

La constatation de Jean Thibaudet qui place toute la littérature française, depuis le XVIIIe siècle, sous le signe d’une lutte à mort entre littérature de l’écart et littérature d’idées [6], pourrait être aisément appliquée à la littérature africaine, partagée depuis sa naissance entre les « élégies » incantatoires de Senghor, la grandiloquence de Césaire et les esbroufes de Damas. À la différence que, si la littérature d’idées semble l’emporter chez l’ancien colonisateur, les anciens colonisés manifestent, sur le plan du roman, une préférence nette pour l’agressivité de ton et la verve provocatrice. Amorcée avec la dénonciation des atrocités coloniales, cette littérature de l’irrévérence va prendre une tournure particulièrement radicale et même obsessionnelle avec le détournement des « indépendances », au point de constituer aujourd’hui l’expression par excellence de la littérature africaine. Observateur privilégié des premiers pas de la littérature africaine, Jacques Chevrier est bien placé pour en reconnaître la marche unie et les ruptures majeures :

Après la mise à mort des modèles classiques (qui n’affecte d’ailleurs pas l’ensemble de la production), il semble que l’on ait abordé une nouvelle phase de radicalisation du discours romanesque marquée par un dérèglement délibéré des procédures narratives, au cœur desquelles sont simultanément et paradoxalement convoquées les figures du Carnaval et de l’Apocalypse [7].

À l’opposé d’une simple mode ou d’un caprice passager, cette tendance se manifeste selon des modalités tellement récurrentes qu’elles en traduisent à la fois la portée esthétique et l’ancrage mythologique [8]. Il est donc « licite », en dépit des précautions du même Jacques Chevrier, de parler d’une « poétique de l’obscène » [9], qui ne serait elle-même qu’une expression métonymique d’une poétique générale de l’irrévérence ou de la décadence, susceptible de se diffracter en de multiples déclinaisons : l’absurde et l’ubuesque, le sordide et le morbide, l’obscène et le scabreux, etc.

II.1. L’absurde et l’ubuesque

Attendues comme les messies des temps nouveaux, les « Indépendances » n’auront pas tenu leurs promesses de réhabilitation et de prospérité. Au contraire, les nouveaux pouvoirs, confisqués par une minorité d’autochtones, entendront régner sans concessions et sans partage. Aux anciennes possessions coloniales feront place les « Etats sauvages » [10] ou « Etats honteux » [11], dirigés par des dictatures ubuesques, d’autant plus dévastatrices qu’elles paraissent comiques et caricaturales.

Au sein des cités-bidonvilles, ersatz pitoyables des métropoles occidentales le « zéhéros » romanesque erre d’un point à un autre, sans repères et sans buts certains [12]. Son « ghetto », son « matitis », « ses pauvres univers en contre-plaqué, en planche et en tôle » [13], s’apparente très vite à une arène hantée par des puissances malveillantes et impitoyables. D’où la tentation de la folie, de la perte salvatrice des sens et de la réflexion. À l’errance spatiale correspond bientôt une forme de schizophrénie furieuse ou douce qui est censée détruire les derniers restes d’humanité chez ses victimes. Le fou intervient ainsi comme un des personnages-clés du roman post-indépendance, volant souvent la vedette au protagoniste principal ou se confondant avec celui-ci. Il s’affirme alors comme le familier d’un monde chaotique, constitué de ruines aux façades replâtrées. Il représente le cicérone idéal pour un voyage romanesque jusqu’au bout du scabreux, dans la cité « labyrinthe où se perdent les âmes » [14].

De même, si tous les protagonistes ne s’enfoncent pas dans les méandres d’une errance géographique, toutes leurs « aventures » doivent consister en une incitation insidieuse à la déchéance, au reniement de soi, un encouragement à la « mue ». Ainsi Joseph « Kala » (le charbon) s’imposera de prendre « une trentaine de kilos » et tentera de se « décolorer la peau » pour se « normaliser » aux yeux du plus grand nombre. « A cause, dira-t-il, de Laustel et d’autres, je décide me raser la barbe. Pour les cheveux, j’hésite entre le défrisage et la teinture. En blond que je manque de me teindre. » (L’impasse, p. 268). Or, si ce même Joseph réclame à son psychiatre une « méthode plus rapide, plus efficace, plus radicale pour […] effacer la mémoire» (ibidem, 327), c’est parce qu’il est bien conscient que sa « mutation » n’est qu’une façon détournée ou retardée de mourir. Quel que soit le terme de l’alternative, que l’on résiste ou que l’on cède, c’est la mort qui gagne toujours. Désormais « déterritorialisation » et déshumanisation vont de pair. Etre sans être, voici la solution.

II.2. Le sordide et le morbide

Autant les romans de la négritude avaient établi comme un horizon de dépassement, malgré les flottements de leurs protagonistes, autant les romans qui vont suivre, en particulier ceux de la migritude, se complaisent dans l’enfermement absolu, dans le marasme total, dans un état de conscience ( ?) définitivement désespéré [15]. Ces romans « normalisent » le sordide et le vice, comme d’une crasse malsaine qui ferait désormais corps avec la peau. Ainsi Léonora Miano n’hésite pas à camper une unité de « rebelles » contraignant une communauté villageoise à « manger » l’un des leurs (L’intérieur de la nuit) de même qu’elle dépeint une mère décidée à brûler vive sa propre fille ou la population de la rue se nourrissant « fines lamelles » de chiens errants (Contours du jour qui vient). De même, de nombreux romanciers vont-ils explorer les sites des génocides, autant par « devoir de mémoire » que pour nourrir leur soif d’anéantissement :

Quelques yeux dûment accompagnés de leurs cadavres mafflus dérivaient en suivant le courant. […] Tout dérivait alentour, des placentas dorés, des fœtus de sept jours, les seins d’ossuaire d’une nomade qui semblait vouloir noyer son rejeton dans le glacier mobile (…). (Wabéri, 1994, 14-16)

À cette attraction de l’horreur correspond forcément une écriture appropriée. De par leur disposition au morbide, les romanciers de la migritude poursuivront plus avant les expériences abordées par leurs prédécesseurs. Plus que jamais « écritures de la violence », elles donneront à voir la dislocation des consciences et des choses. En découle ainsi une écriture hallucinée, disloquée, fragmentée, dialogique, qui aura en haine toute prétention à la cohérence et à la vraisemblance.

Cette irrévérence s’étendra à la conception du genre romanesque en lui-même, impropre dans son classicisme à restituer la crise dans sa totalité. Alioum Fantouré proposera avec Le récit du cirque de la vallée de la mort un roman inclassable qui associe différents modes d’expression (cinéma, théâtre, récit, etc.) pour rendre toutes les dimensions du drame vécu. Un autre signe de cette mutation est la disparition de l’histoire, du contenu narratif, trop lié à des impératifs de cohérence, de divertissement ou simplement de vraisemblance. « Chez Ndong Mbeng, dira son introducteur, pas d’histoire, car nous sommes dans l’Histoire » [16]. Quant à Georges Ngal, il avoue : « le rêve d’un roman sur le modèle du conte. D’un roman où l’opposition entre diachronie et synchronie s’estompe : où coexistent des éléments d’âges différents. […] Cette fécondation du roman par l’oralité que depuis deux ans je m’efforce de réaliser » (Giambatista Viko, p. 13). Projet de « fécondation » que Kourouma réalisera pour sa part, en basant sa critique politique sur une métaphore animalière qui était déjà l’apanage du conte oral. Il rétablit ainsi, avec Sony Labou Tansi (La vie et demie) et de nombreux jeunes auteurs (Patrice Nganang, Ananda Devi, Alain Mabanckou), une animalisation du monde qui semble augurer d’un retour de l’homme aux pulsions et aux instincts les plus carnassiers et les plus primaires.

Nous vivons les premières heures de la bête : nous sommes entrés dans la conscience zéro de l’homme » (Les yeux du volcan, p. 89)

II.3. L’obscène et le scabreux

Si les modalités présentées plus haut fusionnent dans la réalité des textes, au point qu’il soit difficile de les isoler les unes des autres, il faut bien admettre que l’une d’entre elles, soit par la focalisation des critiques, soit par l’emphase des romanciers, impose comme une sorte de mise en relief qui la détache du corps entier de l’écriture, c’est la modalité de l’obscène.

Cette prégnance est certainement due au fait que de tous les tabous auxquels les romanciers veulent rompre, le sexe est certainement le plus tenace, le plus détesté et le plus contrasté. Promouvoir le sexe, c’est se faire valoir aux yeux d’une intelligentsia occidentale pour qui le sexe reste insidieusement l’antonyme de l’esprit, « l’origine et la cause du péché de chair » [17]. Promouvoir le sexe, c’est se marginaliser d’une société africaine passée au moule de la colonisation au point d’avoir endossé des valeurs de pudibonderies qui lui étaient étrangères. Mais promouvoir le sexe, c’est aussi démythifier une société traditionnelle que la négritude avait dépeinte comme idéale, ne retenant du sexe que ce qui devait assurer son équilibre naturel. En un mot, promouvoir le sexe, c’est concentrer tout le projet de contemption et de refus initié par l’anti-négritude ; c’est affirmer l’Autre Afrique.

Pour conforter cette hypothèse, il convient de remonter à « l’ancêtre » de cette ligne réfractaire, le mythique Devoir de violence, brûlot d’une rare violence mais aussi d’une lucidité telle que, aujourd’hui encore, la critique hésite à l’attribuer à son auteur officiel, le malien Yambo Ouologouem. Et pour cause, en plein cœur de la Négritude, alors que triomphent les invocations d’une Afrique hiératique et mystique, une voix n’hésite pas à révéler les « dessous » de l’irrésistible ascension aux « indépendances ». Le roman ne recule pas à présenter des scènes insoutenables d’un protagoniste (M. Chevalier) qui accouple des Africaines avec son chien, ou du « héros » africain, ancien fils d’esclave et futur « libérateur », Spartacus Kassoumi, se livrant à l’homosexualité pour pouvoir achever ses études parisiennes. Le sexe s’avère, à la lumière impitoyable du récit, le moteur et le mobile des intentions nobles qui sont affirmées au grand jour. Même si les romans de Kourouma se prévalent de la même joyeuse impudence, le recours au sexe chez ce dernier ramènera le roman africain à la paillardise salubre et cathartique propre à la tradition orale. Il faut attendre Sony Labou pour retrouver l’obscène comme strate mythologique et principale composante poétique du roman.

Associé dans une forme de délire carnavalesque à la scatologie la plus triviale, le sexe domine toute l’œuvre de Sony au point d’en paraître tout à la fois le sujet et le matériau principal. On y voit, les protagonistes miniaturisés à leurs organes charnels, en particulier leur sexe, de sorte que les femmes assimilées à un « trou » ou à un « cul essentiel et envoûtant » et les hommes réduits à leur phallus, leur « braguette » ou leur « hernie », s’adonnent à un coït impitoyable d’où ne sortiront que la discorde et la gabegie.

Se révèle ainsi un décalage vertigineux entre la hauteur des prétentions sociales ou politiques (le Président, le Colonel, le Maire, etc.) et la réalité des actes avoués ou dissimulés, tel « ce caca saignant plein de tiges et de fruits rouges » sur le lit de « Mon Colonel Martini Lopez (L’Etat honteux). De par leur caractère obsessionnel, le sexe et ses succédanés fonctionnels (la sécrétion, l’excrétion, la défécation, la succion, etc.) traduisent ainsi l’incapacité chronique des Africains à dépasser le stade de la trivialité animale pour accéder à l’élévation de l’Esprit.

Se prévalant de la même acrimonie carnavalesque, de nombreux épigones vont « s’engouffrer » – littéralement – dans la brèche agrandie par Sony Labou Tansi. Ils prendront ainsi prétexte de l’écriture pour illustrer leur refus de la pseudo altérité nègre, l’Africain étant à leurs yeux, « un homme pareil aux autres » [18], affecté des mêmes tares et possédé par les mêmes démons. On voit ainsi Sami Tchak mêler dans sa production romanesque, aussi bien la démythification de l’Afrique (ancienne ou moderne), que celle des parents (père ou mère) et la soumission de l’Africain à la frénésie du sexe tous azimuts, ne reculant devant aucune expérience ou aucun tabou (inceste, homosexualité, partouze, échangisme, zoophilie, etc.).

Au moment où papa disait cela, l’une de mes frangines, celle que j’avais moi-même baisée, […], ma cadette de deux ans, qui n’avait alors que treize ans, se faisait sauter dans notre immeuble par une bande de jeunes noirs et de jeunes Arabes (Place des Fêtes, p. 26).

Lui, il disait de sa maman qu’elle était ce que la morale avait fait de mieux. Mais non, sa maman s’offrait des partouzes, mine de rien (Ibidem, 114).

Alors, maman ouvrit ses rondeurs intimes et me laissa pénétrer librement dans sa vie chaude. Elle me dit que c’est à l’âge de huit ans qu’elle avait commencé à enfourner des serpents gluants en Afrique (Ibidem, p. 74).

Parti sur de telles bases, plus rien ne peut empêcher l’écrivain de franchir les dernières barrières morales qui séparaient l’homme de l’animal. Le romancier Florent Couao Zotti en sera l’exemple-type, mêlant dans une narration qu’il veut cocasse et pittoresque, aussi bien le viol des cadavres (L’homme dit fou…) que l’accouplement entre un homme et une bête (Le préservatif de l’éléphant) :

Une chienne se trouve à Missèbo, dans le marché aux fripes, releva-t-il. En ce moment, elle est en chaleur et provoque l’arrivée de la meute tous les matins. Si tu veux recouvrer ton muscle, rends-toi là-bas de bonne heure et fais-lui ça. » (Le préservatif de l’éléphant, p. 30).

Incontestablement, l’outrance et l’opprobre se partagent les restes de la « vieille négritude », enserrant d’un halo d’asticots le vieux rêve d’une Afrique « debout ». Mais l’assassinat d’une reine, suppose toujours la l’ascension d’une autre, d’autant plus désignée qu’elle est souvent la commanditaire du crime. Les « contours du jour qui vient » n’annoncent-ils pas l’avènement d’une nouvelle négritude, celle de l’apatride et de la perversion ?

III. L’anti-négritude comme fondement d’un nouvel exotisme

III.1. Les Interprètes du monde néo-colonial

Autant les délires de Yambo Oulogouem, de Kourouma ou de Labou Tansi nous semblaient procéder d’une indignation ou d’un fantaisie sincères, autant les hyperboles de leurs successeurs nous paraissent artificielles, caricaturales, façonnées au du goût du jour et conformes à la demande générale en matière de sensationnel et de scandale. À lire un Sami Tchak ou un Coua-Zotti, on ne peut s’empêcher de penser à cette déclaration de Geneviève Serreau relative au « nouveau théâtre » et son avant-garde :

Ce qui était invention originale, découverte de rivages neufs, refus de conventions, a vite fait de se transformer, manié par de médiocres épigones, en un autre type de convention [19].

Et c’est bien le danger qui guette aujourd’hui la nouvelle génération africaine [20], celui de se scléroser à son insu, au beau milieu de son ascension, au point de passer sans transition du front de la révolte au confort de la réaction. Et ce risque est d’autant plus élevé qu’elle nous semble prédisposée à l’affaissement, reposant non pas sur une passion sincère, mais sur des intéressements ponctuels qui pourraient se dérober une fois qu’ils se verraient satisfaits.

En effet, ces générations ajoutent à leur talent ou leur vocation, les contraintes d’un environnement qui influence insidieusement leurs manières de penser et d’écrire. La plupart ayant fui l’Afrique (ou s’apprêtant à le faire), ils accusent la particularité d’être « écrivains africains » quand, pour des raisons de confort ou de survie, ils ont déjà adopté la nationalité – et bientôt les positions – de l’ancien colonisateur. Vivant aux crochets de ce dernier, ils le payent en retour en endossant le discours de déculpabilisation qui l’exonérera du « sanglot colonial ». « Interprètes » d’un mode nouveau, ils se tiennent comme leurs glorieux précurseurs entre le peuple et l’ancien colonisateur, de façon à détourner l’éventuelle vindicte sur eux, en même temps que, par leurs livres et leurs discours, ils contribuent à ensemencer les valeurs exogènes qui asseyent la domination blanche.

C’est en cela qu’ils se prêtent aux contraintes des éditeurs occidentaux et aux attentes de leurs publics, même s’il faut cracher pour cela sur leurs derniers restes de principes. Qu’importe, du moment qu’on peut espérer obtenir un prix prestigieux, faveur qui accentuera la faiblesse des institutions littéraires africaines et donnera à leur exil le halo d’héroïsme qui lui manquait. Ils pourraient dès lors revendiquer la statut d’écrivain tout court, et non plus celui « d’africain », du moment qu’ils seraient en phase avec les tendances occidentales les plus modernes en matière d’écriture, celles qui oblige tout romancier moderne du « soupçon », à se mettre à quête de nouveau rivages esthétiques, plutôt qu’à la recherche désespérée d’une Afrique « fantôme ».

III.2. L’anti-négritude comme affirmation de la négritude

Autant la négritude avait voulu rompre avec un ordre de vexations, autant elle proposait à la place un système de valeurs et un corpus de savoirs. Les propositions de Senghor ou de Cheikh Anta Diop, concernant « ce que l’homme noir apporte », « l’unité culturelle de l’Afrique », restent les plus généreuses et les mieux charpentées de la pensée africaine. Au contraire de leurs successeurs qui se plaisent et se cantonnent dans la diatribe et l’auto-dérision. Ce décalage est d’autant plus manifeste que la vérité des textes et le cheminement collectif des « nouveaux romanciers » laissent entrevoir une parenté inaliénable entre les deux générations.

Etablissant la poétique de la « nouvelle génération », Papa Samba Diop note que « les discordances d’avec les précurseurs, peuvent n’être que formelles et les restaurations simplement langagières. [Pour beaucoup d’écrivains] les points d’ancrage au continent restent les mêmes » [21]. Et nous ajoutions que, pour les deux générations d’écrivains, « le rapport à l’écriture repose sur un imaginaire ou une mythologie qui s’enracinent dans le patrimoine culturel africain» [22]. On peut ainsi souligner avec Mongo Mboussa la parenté séquentielle et thématique de L’aventure ambiguë (1960) avec des textes récents comme L’impasse (1997) et Bleu, blanc, rouge (1998). C’est, au-delà des spécifications, le même cycle de déracinement, le dialogue malaisé des cultures et l’impossible synthèse.

Mais « nouvelle négritude », la génération de la migritude l’est aussi par une assomption identitaire qui répète inconsciemment le processus de la négritude. Se parer de sa faiblesse présumée comme d’une force, comme d’un bien inaliénable. À la différence notable que là où les tenants de la négritude retournaient à leur patrimoine ancestral, les écrivains de la migritude se caractérisent par leur volonté de rupture. Homme tout simplement, déchargé de toute responsabilité collective ou universelle. Son leitmotiv obsessionnel, en finir, rompre avec…

Mais se dire « un homme comme les autres » alors que l’ordre colonial, pour être désormais invisible, n’en resserre pas moins son étau, n’est-ce pas renier sa liberté et inviter la masse à s’incliner ? On pourrait dès lors retourner à la migritude l’observation ironique que V.Y Mudimbé avait adressée naguère aux tenants de la négritude :

Pour l’Afrique, échapper réellement à l’Occident suppose d’apprécier exactement ce qu’il en coûte de se détacher de lui ; cela suppose de savoir jusqu’où l’Occident, insidieusement peut-être, s’est approché de nous ; cela suppose de savoir, dans ce qui nous permet de penser contre l’Occident, ce qui est encore occidental ; et de mesurer en quoi, notre recours contre lui est encore peut-être une ruse qu’il nous oppose et au terme de la quelle il nous attend, immobile et ailleurs [23].

Notes

1] Montesquieu, Esprit des Lois, 1747.
2] Compte tenu des nombreux romans cités, nous nous limiterons pour chaque extrait à fournir le titre et la page. Pour les références complètes, le lecteur est prié de consulter la bibliographie en annexe.
3] Cf. René Maran, Batouala, véritable roman nègre, Paris, Albin Michel, 1921.
4] Cette nuance établie par Henri Brunschwig et reprise par Boniface Mongo Mboussa, ne constitue en fait qu’une gradation dans la collaboration. Le collaborant ne renie pas tout à fait sa communauté d’origine, mais il prête son concours à des fins propres, au risque de sombrer dans une forme de schizophrénie consécutive à un inévitable mal-être.
Cf. Boniface Mongo-Mboussa, « Tirailleur tiraillé, une figure littéraire ambiguë » in http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=1221 .
5] Jacques Chevrier désigne par « écrivains de la migritude » une nouvelle génération d’Africains installé en France, dont l’écriture et la pensée reflètent une volonté d’assumer leur hybridation : « Inscrivant leur démarche dans un nouvel espace identitaire (Afrique(s)-sur-Seine), à équidistance entre l’africanité et la francité, ils puisent leur inspiration dans leur hybridité et leur décentrement » (Jacques Chevrier, « Afrique(s)-sur-Seine : autour de la notion de ‘migritude’ », in Notre Librairie n° 155-156, Identités littéraires, juillet-décembre 2004).
6] Albert Thibaudet, « La place des ‘Essais’ », « Préface » à Montaigne, Essais, Paris, Gallimard, Coll. « Folio », 1962, pp. 7-8.
7] Jacques Chevrier, “Une radicalisation du discours romanesque africain, ou de l’obscène comme catégorie littéraire”, in Notre Librairie, n° 142, Actualité littéraire 1999-2000, p. 34.
8] Au sens où l’entend la théorie littéraire, d’une strate de l’intellect humain où se fixent les principaux référents selon lesquels s’élabore la création langagière ou spécifiquement littéraire.
9] Jacques Chevrier, « Une radicalisation du discours romanesque africain… », op. cit., p. 35.
10] Paraphrase de l’ouvrage de Georges Conchon, L’Etat sauvage, Paris, Albin Michel/Livre de poche, 1964. Soulignant les travers et les aberrations du passage d’un ordre colonial répressif à des « indépendances » hâtives, Georges Conchon annonce les turpitudes et les atrocités des prochains états africains. L’Etat sauvage recevra le prix Goncourt, comme Batouala, 43 ans plus tôt.
11] Inspiré de Sony Labou Tansi, L’Etat honteux, Paris, Seuil, 1981.
12] Cf. William Sassine, Le zéhéros n’est pas n’importe qui, Paris, Présence Africaine.
13] Hubert-Freddy Ndong Mbeng, Les Matitis, mes pauvres univers en contreplaqué, en planche et en tôle, Paris, Sépia, 1992.
14] Claire Dehon, Le réalisme africain, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 184.
15] On pourrait m’objecter qu’une romancière comme Léonora Miano tente d’apporter une lueur d’espoir dans l’épaisseur des ténèbres, en particulier dans le roman Contours d’un jour qui vient. Mais elle y établit une telle disproportion entre le mal et son éventuel antidote, que le plus important aura été fait, à savoir conforter le Blanc dans sa déculpabilisation et rendre l’Africain principal responsable de sa déréliction. C’est ce qui explique certainement, du moins en partie, le succès rencontré par cette romancière en France.
16] Yves de la Croix, Texte de la quatrième de couverture pour Hubert-Freddy Ndong Mbeng, Les Matitis, op. cit.
17] Jacques Chevrier, « Une radicalisation du discours romanesque… », op. cit., p. 45.
18] Titre d’un roman de René Maran, par lequel il semble se détourner des orientations raciales de ses épigones de la négritude.
19] Geneviève Serreau, Histoire du nouveau théâtre, Paris, Gallimard, Coll. « Idées », 1966, p. 147.
20] Pour Notre Librairie, il faut entendre par « Nouvelle génération », un collectif non institutionnalisé d’écrivains qui, s’ils se recoupent principalement par la périodisation chronologique (grosso modo de 1990 à nos jours), se caractérisent aussi par une certaine continuité et de réelles convergences dans la pensée et la conception de l’écriture. C’est ainsi qu’on y retrouve, aussi bien des romancières affirmées comme Ken Bugul ou Calixte Beyala que des toutes jeunes pointures comme Natacha Appanah.
21] Papa Samba Diop, « Littérature francophone subsaharienne : une nouvelle génération ? », in Notre Librairie, n° 146, Nouvelle Génération, 2001, pp 12-17.
22] Ludovic Obiang, « Sans père mais non sans espoir, la figure de l’orphelin dans les écritures de la guerre », in Notre Librairie, n° 148, Penser la violence, 2002, p.32.
23] V.Y. Mudimbé, L’odeur du père, essai sur les limites de la science et de la vie en Afrique noire, Paris, Présence Africaine, Coll. « Situations et Perspectives », 1982, pp. 12-13.

Bibliographie

1/ Romans
Exclusivement ceux dont nous avons cités des extraits. Pour les autres, nous renvoyons le lecteur aux principales bases de données consacrées à la littérature africaine subsaharienne (ADELF, APELA, ADPF, etc.).

ANANOU (David), Le fils du fétiche, Paris, Nouvelles Editions Latines, 1971.
BIYAOULA (Daniel), L’impasse, Paris, Présence Africaine, 1997.
COUAO-ZOTTI (Florent), L’homme dit fou et la mauvaise foi des hommes, Paris, Le Serpent à plumes, Coll. « Fiction française », 2000.
– « Le préservatif de l’éléphant » in Kangni Alem (textes réunis par) Le huitième péché, Paris, Ndzé, 2006, pp. 15-35.
EFFOUI (Kossi), La polka, Paris, Seuil, 1998.
MARAN (René), Batouala, véritable roman nègre, Paris, Albin Michel, 1921.
KONATE (Moussa), Une aube incertaine, Paris, Présence Africaine, 1985.
KOUROUMA (Ahmadou), Les soleils des indépendances, Paris, Seuil, 1970.
LABOU TANSI (Sony), La vie et demie, Paris, Seuil, 1979.
– L’Etat honteux, Paris, Seuil, 1981.
– Les yeux du volcan, Paris, Seuil, 1988.
OWONDO (Laurent), Au bout du silence, Paris, Hatier, Coll. « Monde noir Poche », 1985.
MIANO (Léonora), Contours du jour qui vient, Paris, Plon/Pocket, 2006.
MONENEMBO (Tierno), Les crapauds-brousse, Paris, Seuil, 1979.
NGAL (Georges), Giambatista Viko, Paris, Hatier, Coll. “Monde noir Poche”, 1984.
SASSINE (William), Saint Monsieur Baly, Paris, Présence Africaine, 1973.
– Le zéhéros n’est pas n’importe qui, Paris, Présence Africaine.
TCHAK (Sami), Place des Fêtes, Paris, Gallimard, Coll. « Continents noirs », 2001.

2/ Textes théoriques

CHEVRIER (Jacques), « Une radicalisation du discours romanesque africain, ou de l’obscène comme catégorie littéraire », in Notre Librairie, n° 142, Actualité littéraire 1999-2000, pp. 34-45.
– « Afrique(s)-sur-Seine : autour de la notion de ‘migritude’ », in Notre Librairie n° 155-156, Identités littéraires, juillet-décembre 2004.
DEHON (Claire), Le réalisme africain, le roman francophone en Afrique subsaharienne, Paris, L’Harmattan, 2002.
DIOP (Papa Samba), « Littérature francophone subsaharienne : une nouvelle génération ? », in Notre Librairie, n° 146, Nouvelle Génération, 2001, pp 12-17.
MUDIMBE (Valentin-Yves), L’odeur du père, essai sur les limites de la science et de la vie en Afrique noire, Paris, Présence Africaine, Coll. « Situations et Perspectives », 1982.
MONGO-MBOUSSA (Boniface), Désir d’Afrique, Paris, Gallimard, Coll. « Continents noirs », 2001.
– « Tirailleur tiraillé, une figure littéraire ambiguë » in http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=1221
NGAL (Georges), Création et rupture en littérature africaine, Paris, L’Harmattan, 1994.
OBIANG (Ludovic), « Sans père mais non sans espoir, la figure de l’orphelin dans les écritures de la guerre », in Notre Librairie, n° 148, Penser la violence, 2002, pp. 31-35.
SERREAU Geneviève, Histoire du nouveau théâtre, Paris, Gallimard, Coll. « Idées », 1966.
THIBAUDET (Albert), « La place des ‘Essais’ », « Préface » aux Essais, Tome II, Paris, Gallimard, Coll. « Folio », 1962.

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