Gerry Taama: littérature, action!

gerry_parcoursDès le départ, quand j’ai fait la connaissance du nouveau venu dans le landernau littéraire togolais, Gerry Taama, lieutenant en disponibilité de l’armée togolaise, j’ai immédiatement fait un parallèle avec son confrère algérien, le Commandant Mohamed Moulessehoul. A la seule différence que l’un préféra longtemps la clandestinité, en choisissant un pseudonyme de femme, alors que l’autre affiche clairement son nom, au moment d’entrer en littérature.

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gerry_parcoursDès le départ, quand j’ai fait la connaissance du nouveau venu dans le landernau littéraire togolais, Gerry Taama, lieutenant en disponibilité de l’armée togolaise, j’ai immédiatement fait un parallèle avec son confrère algérien, le Commandant Mohamed Moulessehoul. A la seule différence que l’un préféra longtemps la clandestinité, en choisissant un pseudonyme de femme (la sienne), alors que l’autre affiche clairement son nom, au moment d’entrer en littérature. Le seul point commun que je trouve finalement au deux auteurs reste leur fierté, un poil ostensible, d’être des militaires, ce qui n’enlève rien à leur talent d’hommes de lettres.
Et homme de lettres, Gerry Taama l’est. Il affiche sa passion pour Steinbeck, Hemingway, d’où ce choix, pour son premier roman, d’une écriture classique au service d’un récit où le maître mot demeure l’action. Parcours de combattants se déroule en partie dans un univers que l’auteur connaît bien, une région en guerre quadrillée par des forces militaires de tous ordres et des humanitaires de tout poil. Dès le premier chapitre, le vocabulaire confirme la familiarité de l’auteur avec cet environnement-là. Mais là n’est pas le plus important, peu importe que vous sachiez ce que signifie exactement une « offensive du têt », l’histoire est là qui vous happe, palpitante et perpétuellement surprenante. Les personnages aussi, le madré Ba, cynique et brillant en subterfuges pour sauver contre son gré la fille du Prof. Bitimuku, Aurore, la fille du Prof, qui n’a qu’une obsession, faire payer à Ba ce qu’elle croit être le meurtre prémédité de son père, le naïf (oh vraiment le naïf) Jérôme, officier de renseignements français, et une inévitable portugaise dont le rôle sera capital dans les divers dénouements que l’histoire connaît. Je dis divers dénouements, car comme dans tout bon roman d’action, les faux dénouements abondements, comme autant de haltes avant de replonger dans le maelstrom des passions.
Et le dénouement final, que je ne vous raconterais pas, laisse un amer goût d’injustice chez le lecteur : quel est ce romancier qui laisse mourir ceux qui ne le doivent pas ? Courez lire Parcours de combattants, que du bon, du costaud, pour ceux qui aiment les histoires simples et bien enlevées.
Tout comme Yasmina Khadra s’est révélé au fil de ses romans plus qu’un officier uniquement au fait des mœurs du milieu qui l’a formé, mais un véritable écrivain capable de nous promener dans divers univers, j’ai le sentiment que Gerry Taama est en route pour une carrière littéraire qui risque de nous étonner. Allez, mon lieutenant, ardeur et patrie pour renforcer le rayonnement mondial de la littérature togolaise !

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