Evala 2011, notes éparses

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1. Dans la tribune officielle, bien assis, incident protocolaire soudain. Le Préfet de la Kozah me réclame sa place. Je ne sais quoi lui dire… le protocole plus tard me demandera si je peux changer de place. Je n’ai su quoi répondre au protocole. Dans ces histoires de protocole, l’ego en prend un coup. Heureusement, entre gentlemen, on trouve toujours une solution. Laquelle dans ce cas ? Disons que le Préfet a finalement pu s’asseoir, et moi aussi. Donc fin de l’incident protocolaire. Tu parles. Dix minutes plus tard, rebelote. Le protocole annonce l’arrivée de l’ambassadeur de Chine, et demande à la dame à ma droite de se lever. Une dame, mon dieu. Elle a superbement ignoré la demande, et continué à regarder les luttes. L’ambassadeur aussi finira par trouver une place, et l’honneur de la jeune fut sauvée. Comme quoi, il y a toujours une solution en diplomatie.
2. Shorts rouges contre shorts blancs. Et parfois, un lutteur en short orange fluo. Dépareillé. Mais il n’est pas le seul, je constate. Sur les fesses d’un autre lutteur, un immense logo Coca-Cola. Vive la pub !

3. La Croix-Rouge, elle, a toujours sa croix, personne ne la sponsorisée (oh pas vraiment, la Francophonie l’a subventionné, oh que si, mais bon c’est compliqué à expliquer le poste subventionné). Un Evala blessé à l’œil, le célèbre logo apparaît sur le terrain. Une blessure n’est ni moderne ni traditionnelle, elle est intemporelle comme la Croix-Rouge. Heureusement.
4. Un lutteur indélicat poursuivi par l’arbitre (une dame, la chef canton de Pya dont la nomination à ce poste avait fait grincer des dents, une dame, vous n’y pensez pas!); l’arbitre assène un coup de canne, gentil, au vilain. Rires.

5. Distribution, dans les allées, de cadeaux, par les hôtesses de Togocel, qui fête ses 13 ans. Dans mon dos, c’est l’agitation. Un homme râle, et s’adresse à un agent de police. « Hé, vous là, on donne aux gens de devant et on ne donne rien aux députés. C’est votre rôle, il faut leur dire de venir nous donner. » Tout le monde se retient de rire.

6. Les députés récidivent, là carrément ils interpellent le directeur de Togocel assis dans la même rangée que moi. « Directeur, on est là! » Le directeur, patient, temporise: « ça va venir », et fait signe à ses hôtesses qui étaient en train d’arroser la rangée des chefs traditionnels de bibelots publicitaires. Ah, nos députés, ça sait vraiment interpeller quand il le faut.

7. Et la musique, lancinante, répétitive autour de l’arène. Je me demande pourquoi il n’y a pas un groupe moderne pour récupérer ce son et le mettre en scène autrement! Déjà, l’absence des lithophones m’étonne. Cet instrument, le plus inventif des instruments de musique kabyès, devrait avoir sa place aux Evalas, inventivité oblige. Ce n’est qu’un avis de passionné de musique.

8. Une leçon de lutte donnée à son voisin. Un spectateur dans mon dos : « Les kotokolis ne luttent pas, je m’adresse aux Kabyès ». Rires. Je ne sais pas de quoi ils parlent.

9. Intéressant les codes du pouvoir… L’arbitre, voulant s’adresser au Président de la République, dépose sa canne d’autorité, avant de s’approcher de la tribune, à distance respectueuse de la table du Président. Court instant où les formes prennent sens. Elle recule, après un geste au PR, et reprend sa canne, son autorité sur les lutteurs.

10. Phrase superbe d’un député, toujours dans mon dos, pendant que les hôtesses distribuent des cannettes de boissons sucrées: « quand je bois du Coca, j’ai la diarrhée! » Ouh, vilain Coca!

11. La lutte se poursuit. L’ambiance reste sereine, même s’il y a quelques blessés, légers. Je pense déjà à la route de retour. Flâner le long de la nationale vers Lomé. La vie est une lutte. Et il me faut partir à l’aube. Le soir, je retrouverai Noël, je l’espère pour une bière. Cet écrivain qui vit à Kara, vient de m’envoyer un sms pour me dire qu’il est dans la foule. Trop de visages, je ne saurai le chercher. Le Président de la République se lève, les Evala sont terminés, ceux qui n’ont pas pu se battre, ont quand même réussi leur initiation.

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