De la biographie des auteurs africains

Aplogan_0.jpgEn 2009, lors d’une rencontre au Centre Pompidou à Paris sur le thème de l’Exil, j’avais fait remarquer au modérateur qui me présentait comme un écrivain en exil que je n’étais pas un auteur exilé, mais tout au plus immigré ! Un ami, présent dans la salle, m’a remonté les bretelles à la fin… pour lui, du simple fait de mon itinéraire et de la nature du régime politique que j’avais laissé derrière moi toutes ces années passées à l’étranger, il était malhonnête de ma part de dire que je n’ai jamais été exilé.

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Aplogan_0.jpgEn 2009, lors d’une rencontre au Centre Pompidou à Paris sur le thème de l’Exil, j’avais fait remarquer au modérateur qui me présentait comme un écrivain en exil que je n’étais pas un auteur exilé, mais tout au plus immigré ! Un ami, présent dans la salle, m’a remonté les bretelles à la fin… pour lui, du simple fait de mon itinéraire et de la nature du régime politique que j’avais laissé derrière moi toutes ces années passées à l’étranger, il était malhonnête de ma part de dire que je n’ai jamais été exilé. Et pourtant, si, ai-je réitéré encore et encore au grand dam de l’ami outré. Je sais que pendant des années, j’avais fermé les yeux chaque fois que je lisais sur le Net ou dans certaines brochures des notices biographiques sur moi où on y faisait allusion, alors que je passais mon temps à faire des aller-retours entre le Togo et mes nombreuses « asiles ». Au fond, qu’y a-t-il de vrai et de faux dans la bio des écrivains ? Parfois l’écrivain brode, se rêve, et cela prend des proportions… Il dit avoir fait des choses impossibles à vérifier ou qui se révèlent fausses après enquête. Même moi, je le reconnais, il m’est arrivé de prendre mes désirs pour des réalités, au point de les laisser figurer dans les CV… est-ce un jeu innocent, toujours ?
Il me souvient de Léopold Sedar Senghor proclamant son ascendance portugaise (si se?or !), je n’y ai jamais vu que du feu, à moins que je me trompe… Et de certaines confidences d’Ahmadou Kourouma, que l’on disait « opposé » au régime de feu le Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, nonobstant l’itinéraire professionnel de l’écrivain réassureur, lequel a dirigé pendant plus de dix ans la puissance compagnie ouest-africaine de réassurance CICARE, laquelle n’était pas privée, loin de là, mais lié aux grands enjeux économico-politiques de la Communauté Économique des États de la CEDEAO ! Ou encore de Sony Labou Tansi, le vibrion congolais, voix dissidente forte, dont on dit qu’il était payé comme un fonctionnaire toute sa vie (vers la fin il était député) sans exercer forcément (mais bon, quel bel ambassadeur du Congo il faisait), et tout cela sans que personne ne lève le petit doigt contre lui !
Il y aurait plein de choses à apprendre de la biographie réelle ou fantasmée des auteurs africains, mais les journalistes africains écrivent si peu de biographies de nos auteurs.

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