Carnet de route: Malabo (2)

Lundi 22 mars. Retour en arrière. En quittant l’aéroport, j’ai dormi une heure à l’hôtel. A 20h, j’ai retrouvé à l’ICEF Ivanne Girard, la directrice, et aussi Pahé, le bédéiste gabonais dont j’aime les dessins politiques. Il est d’ailleurs l’auteur d’un album sur Ali 9 (alias Ali Bongo), à paraître prochainement. Autour de la table, des musiciens français, ils font partie du groupe Les Musicoliers, et sillonnent le monde francophone à la rencontre des écoles.

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Lundi 22 mars. Retour en arrière. En quittant l’aéroport, j’ai dormi une heure à l’hôtel. A 20h, j’ai retrouvé à l’ICEF Ivanne Girard, la directrice, et aussi Pahé, le bédéiste gabonais dont j’aime les dessins politiques. Il est d’ailleurs l’auteur d’un album sur Ali 9 (alias Ali Bongo), à paraître prochainement. Autour de la table, des musiciens français, ils font partie du groupe Les Musicoliers, et sillonnent le monde francophone à la rencontre des écoles. Puis de jeunes coopérants, dont l’un critique la propension des autorités équato-guinéennes à construire à tout-va des autoroutes où circulent « trois voitures »(sic), des hôtels imposants où il n’y a ni touristes ni personnel, des immeubles de luxe « qui ne servent à rien ». Je lui fais observer que, peut-être, dans quelques années, toute cette infrastructure finira par servir! « Des constructions inutiles », assène-t-il. « Et Versailles, ironise Pahé, vous l’avez bien construit? » J’enchaîne sur la prétention à nier à un pays le droit d’investir dans des constructions pour l’avenir. Mon interlocuteur s’emporte et me parle de manque d’investissement dans la formation, de la dictature, etc. Que sait-il, au fond de la dictature, avais-je envie de lui demander? J’ai préféré me taire, la conversation prenait une tournure trop passionnelle, et j’étais las de ce discours que je connaissais par cœur. L’Afrique n’aurait pas besoin d’autoroutes, d’infrastructures immobilières importantes, elle a besoin de faire manger ses enfants et les former à devenir plombiers, soudeurs… Nos rêves de modernité se heurteront toujours à ces genres d’argument prosaïques, c’est cela qui est épuisant. Il y a des pays qui ont du pétrole et n’en font pas grand-chose. La Guinée Équatoriale, exception faite de la nature réelle de son régime politique, surprend un peu par ses efforts de construction. Et c’est un pays jeune. D’autres pays en Afrique ont cinquante années d’indépendance derrière elles et ne peuvent pas exhiber le même résultat. Alors, qui a tort qui a raison?

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