Amour-propre, amour de soi…

diable_0.jpgChanger de vie… changer de vie… tel un mantra, la formule me secoue les neurones chaque matin. Peut-on, sans l’aide des autres, changer de vie, quand on sent qu’on s’enfonce, lentement mais sûrement? Mais comment dire aux autres qu’on a besoin d’aide pour changer de vie? L’amour-propre ou l’amour de soi, autant d’obstacles qui vous empêchent d’aller vers les autres…

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diable_0.jpgChanger de vie… changer de vie… tel un mantra, la formule me secoue les neurones chaque matin. Peut-on, sans l’aide des autres, changer de vie, quand on sent qu’on s’enfonce, lentement mais sûrement? Mais comment dire aux autres qu’on a besoin d’aide pour changer de vie? L’amour-propre ou l’amour de soi, autant d’obstacles qui vous empêchent d’aller vers les autres, simplement, humblement, et de dire: « aidez-moi! » S’abstenir de crier au secours, n’est-ce pas aussi une question de dignité? Un ami à qui je racontais ce matin mes états d’âme m’a dit: « ta dignité, on s’en bat l’oeil. Quand on se noie, on s’accroche à tout, même à la queue du diable. »

Tirer, attraper le diable… J’ai raccroché poliment, puis une heure plus tard, voici ce qu’il m’envoie sur mon courriel:

« L’amour de soi, qui ne regarde qu’à nous, est content quand nos vrais besoins sont satisfaits ; mais l’amour-propre, qui se compare, n’est jamais content et ne saurait l’être, parce que ce sentiment, en nous préférant aux autres, exige aussi que les autres nous préfèrent à eux, ce qui est impossible. Voilà comment les passions douces et affectueuses naissent de l’amour de soi, et comment les passions haineuses et irascibles naissent de l’amour propre. Ainsi, ce qui rend l’homme essentiellement bon est d’avoir peu de besoins et de peu se comparer aux autres ; ce qui le rend essentiellement méchant est d’avoir beaucoup de besoins et de tenir beaucoup à l’opinion. Sur ce principe, il est aisé de voir comment on peut diriger au bien ou au mal toutes les passions des enfants et des hommes. Il est vrai que ne pouvant vivre toujours seuls, ils vivront difficilement toujours bons : cette difficulté même augmentera nécessairement avec leurs relations, et c’est en ceci surtout que les dangers de la société nous rendent les soins plus indispensables pour prévenir dans le coeur humain la dépravation qui naît de ses nouveaux besoins. »

ROUSSEAU, Émile ou de l’Éducation, I

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