Afia Mala, 37 ans de tubes et un concert…

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Je me devais d’y être, comme tant d’autres de ses amis, à ce concert qu’elle organise pour fêter ses 37 ans de carrière. « Des noces de papier », s’est amusé à dire l’un des animateurs de la soirée, Amobé Mevegue de RFI! Des noces comme un contrat pour les ans à venir, avec son public. Qui n’était pas vraiment au rendez-vous, faute d’une bonne communication, je trouve. La salle, ce vendredi 16 Décembre 2011 est à moitié vide ou à moitié pleine, selon ce que devait ressentir l’artiste elle-même. Le concert démarre, avec la première partie. Ana Disseni, verve « popu », entonne une cantique religieuse reprise par la salle. Celle-ci ovationne l’entrée en scène des musiciens de l’orchestre de la soirée, le Poly Rythmo du Bénin. Il y a de cela deux ans, quand on s’était vus, Afia rêvait à voix haute de faire venir à Lomé l’Orquesta Aragon de Cuba. Le rêve a fait pschitt! Mais le Poly Rythmo assure, premier test avec un accompagnement serré de la chanteuse Zuzu Dele du Benin. Suivra Santi Dorim. La première partie a bien commencé, elle devient même excellente quand l’orchestre enchaîne avec « Gbeti Madjro », son morceau fétiche! Un moment de nostalgie pour la génération des quadras et autres assimilés. A ma droite, l’ancien premier ministre Edem Kodjo exulte, et quand revient Diane A., la présentatrice, il me glisse: « ça parle trop non? » Il a raison, Diane et et Amobé parlent trop. Heureusement, il y a Damawuzan pour mettre le feu à la salle ave « Tirez, tirez! », une belle moquerie sur les ravages du travail forcé sur un ouvrier malade de hernie discale, un tube qui aurait plu à Sony Labou Tansi! Puis avant que Afia ne passe, il y aura Madou, Zeynab (voix jazzy du Bénin), et Akendegue. la moitié de la salle connaît « Afrika Obota », mais il leur a fallu du temps pour comprendre que l’aveugle assis sur la scène avec sa guitare amplifiée était l’auteur de ce tube mondial. Avec son aura de poète hors temps, Pierre bouscule les coeurs. Les musiciens aveugles imposent leurs univers facilement.Le silence est incroyable pour écouter le Gabonais chanter l’hydre qui a emporté Gbagbo, Khaddafi et Sadam Hussein. Elle a de la chance d’avoir un ami pareil, Afia! Quand Afia arrive, pour le spectacle, la salle était prête, chauffée à blanc. J’observe dans la salle le peintre Apenuvor Kwame, qui compose un tableau, portrait de la dame Afia. Celle-ci joue, amuse la galerie en esquissant quelques pas de cool-catché. Son premier tour est bien rôdé, mais vite je remarque le relâchement: Afia serait-elle fatiguée? A l’entracte, Boncana Maïga fait le service minimum. je ne veux pas être dur avec le maestro malien, mais on commence à connaître son truc: faire fredonner à la salle des chansons connus qu’il accompagne à la flûte traversière. Mais franchement, quand on vient pour la fête d’une amie, on peut faire l’effort de chanter un seul morceau!

Afia revient, et chante la terre noire, quand soudain King Mensah apparaît. Incroyable délire, ce garçon rend fou ses fans. Ses vocalises avec Afia font trépigner les spectateurs, on peut pas décrire des moments pareils. Avec « Tout le monde est coupable », la salle chante et détourne le sens de la chanson. Ah, la politique est de retour, avec les sous-entendus: construire le pays, construire l’Afrique. Afia sait faire glisser le public dans le sens que celui-ci souhaite. Le peintre a fini son tableau, je vais regarder. La diva a un air de Dinah Washington, bon je réserve mon commentaire! On tire vers la fin, j’entre dans les coulisses. Boncana grimace, la voix d’Afia flanche, elle souffre, la technique et l’expérience de la scène sont intactes, mais nul ne peut rien contre l’épuisement. Ce fut une belle soirée, néanmoins!

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